L'Abbatiale de la
Liturgie Apocryphe

Montréal, p.Q.


 

*WARNING: The following video may be disturbing to some viewers.

 

A Catholic priest was stabbed as he celebrated mass Friday morning at Montreal’s St. Joseph’s Oratory. The incident was caught on video during a live streaming of the mass.

 

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Un prêtre poignardé en pleine messe à l’oratoire Saint-Joseph

Photo : Jacques Nadeau, Le Devoir. L’abbé Claude Grou, le recteur de l’oratoire Saint-Joseph, a été poignardé en pleine messe vendredi. On ne craint pas pour sa vie.

 
 

L’agression de l’abbé Claude Grou en pleine messe vendredi matin à l’oratoire Saint-Joseph est un acte isolé, confirme le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Le suspect, un homme de 26 ans, a été arrêté et est connu des policiers.

 

« Il s’agit d’un acte isolé, rien n’a été revendiqué », indique Caroline Chèvrefils, porte-parole du SPVM.

 

Alors qu’il célébrait la messe de 8h30, le père Grou a été agressé à l’arme blanche. Les images de l’attaque ont été diffusées sur le Web, puisque la messe est retransmise en direct. La bande vidéo montre un homme portant une casquette blanche et un long manteau noir s’avancer d’un pas rapide vers le choeur. L’assaillant sort une arme blanche et la pointe vers le prêtre qui tente de s’enfuir. C’est à ce moment que le suspect semble poignarder à deux reprises l’abbé Grou. Les deux hommes tombent au sol, sous le regard paniqué de nombreux fidèles. L’assaillant se relève rapidement et reste sur place, tandis que le prêtre reçoit de l’aide.

 

À l’arrivée des policiers, le suspect n’aurait offert aucune résistance. L’homme, dont l’identité n’a pas été révélée, a été arrêté et amené en centre de détention où il devrait être interrogé dans les prochaines heures par les policiers.

 

Le prêtre aurait été blessé légèrement et a été transporté par les ambulanciers dans un centre hospitalier. On ne craint pas pour sa vie.

 
 

Scène violente

 

La scène violente s’est jouée devant une soixante de fidèles, qui étaient sous le choc après l’événement.

« Personne ne savait ce qui se passait exactement et j’ai vu que le prêtre bougeait un peu, loin de cette personne», a raconté Philip Barrett, qui a assistait à la messe.

 

« Il l’a frappé. Je n’ai pas vu clairement comment, mais c’était vers son corps, puis après je pense que le prêtre a tombé. Tout de suite, les gens ont réagi et sont allés vers le devant de l’église», a-t-il ajouté.

 

« L’assaillant était par terre, calme, et avait deux hommes par-dessus lui qui le maintenait », a raconté une autre témoin de la scène, Adèle Plamondon.

 

Dans une déclaration écrite, l’Archevêque de Montréal, Monseigneur Chistian Lépine a lancé un appel au calme. « Nous sommes tous en état de choc devant un acte de violence qui se déroule chez nous dans un endroit dédié à la paix. Nous savons que les lieux de cultes de différentes religions sont des cibles d’actes de violence. Nous voulons continuer sur des chemins de paix et d’amour, en croyant que l’on peut vaincre le mal par la prière et le bien », écrit-il.

 

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a réagi à l’agression sur Twitter. « Quel geste horrible et inexcusable qui n’a aucunement sa place à Montréal. Je suis soulagée d’apprendre que la vie du père Claude Grou, recteur de [l’oratoire Saint-Joseph] est hors de danger et que son état est stable. Au nom de tous les Montréalais, je lui souhaite prompt rétablissement. »

 
 

Améli Pineda
Le Devoir

Le crucifix rejoindra une section muséale qui sera créée dans l'hôtel de ville afin de mettre en valeur des objets patrimoniaux. Photo Alain Roberge, La Presse
Le crucifix rejoindra une section muséale qui sera créée dans l’hôtel de ville afin de mettre en valeur des objets patrimoniaux. Photo Alain Roberge, La Presse

 
 

Le crucifix trônant dans la salle du conseil municipal de Montréal sera retiré. La métropole profitera des travaux qui auront lieu à l’hôtel de ville pour les trois prochaines années pour enlever le symbole religieux et ne le réinstallera pas à la fin du chantier.

 

« Avec les travaux, on devait réfléchir à la place du crucifix dans la salle du conseil et on a pris la décision de retirer le crucifix », a annoncé ce matin Laurence Lavigne Lalonde, élue responsable des institutions démocratiques au sein de l’administration Plante.

 

L’ensemble des élus et des 200 employés travaillant à l’hôtel de ville déménageront en avril pour au moins trois ans, alors que l’hôtel de ville doit subir une importante cure de jeunesse.

 

L’administration Plante dit avoir profité de cette fenêtre pour réfléchir sur la place du crucifix. Au terme de la réflexion, il a été déterminé que la croix n’avait plus sa place au-dessus de la tête des élus.

 

Laurence Lavigne Lalonde a rappelé que le crucifix a été installé en 1937, un an après celui de l’Assemblée nationale à Québec. C’est le conseiller municipal Joseph-Émile Dubreuil qui avait demandé que la croix soit ajoutée à la salle du conseil « afin que les échevins se souviennent des serments qu’ils ont prêtés ».

 

« Il y a consensus pour dire que le contexte a changé. On vit dans une société qui a évolué et qui est représentée par des institutions démocratiques, qui se doivent d’être laïques, neutres et ouvertes. C’est pour cette raison que le crucifix sera enlevé et ne et ne sera pas réinstallé dans la salle du conseil à notre retour à l’hôtel de ville », a indiqué Mme Lavigne Lalonde.

 

Le crucifix rejoindra une section muséale qui sera créée dans l’hôtel de ville afin de mettre en valeur des objets patrimoniaux. Il sera ainsi visible pour les milliers de citoyens visitant l’hôtel de ville chaque année. « On est conscient que le crucifix un symbole important pour Montréal. L’objectif n’est pas de faire du déni de notre histoire, mais plutôt de mettre en valeur cet élément », assure Mme Lavigne Lalonde.

 

Ce n’est pas la première fois que la Ville de Montréal revoit son rapport à la religion. D’abord, le crucifix était absent à la construction de l’hôtel de ville en 1878. Il a été ajouté en 1937 en même temps qu’une prière a été introduite pour ouvrir les séances du conseil municipal. En 1987, Montréal a remplacé la prière ouvrant la séance par un moment de recueillement. Le crucifix devait être retiré en 1992 lors de travaux réalisés à la salle du conseil, mais il a finalement été laissé en place. En 2002, une consultation devait avoir lieu sur la place du crucifix, mais le projet a été abandonné.

 

« On vient clore ce chapitre de notre histoire et on réaffirme le caractère laïc de notre institution », a ajouté Mme Lavigne Lalonde.

 

La mairesse Valérie Plante s’est dite à l’aise avec cette décision et salué la création d’un espace dédié aux objets patrimoniaux. « Là où je suis rassurée, c’est qu’on va profiter de ce déménagement pour que, lorsqu’on reviendra dans notre hôtel de ville, on avoir cet espace muséal dédié aux objets patrimoniaux », a-t-elle dit.

 

L’hôtel de ville doit subir à partir de juin d’importants travaux de modernisation, qui nécessite son évacuation complète. La fondation du bâtiment, son électricité et l’imperméabilisation doivent être refaits. « C’est un bel édifice patrimonial, mais il est vétuste, pas sécuritaire à certains égards » a indiqué Benoît Dorais, président du comité exécutif. Les élus et 200 employés déménageront dans un édifice voisin, Lucien-Saulnier, le temps des travaux. Le retour à l’hôtel de ville n’est pas prévu avant 2022, soit au début du prochain mandat.

 

Le déménagement du personnel débutera le 5 avril. Le dernier conseil municipal prévu dans cette enceinte aura lieu le 15 avril. Dès le 13 mai, les réunions mensuelles des élus auront lieu à l’édifice Lucien-Saulnier.

 
 

Pierre-André Normandin
La Presse

 

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Déclaration de l’archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine, à la suite de l’annonce du retrait du crucifix de l’hôtel de ville de Montréal.

 

À Montréal, un crucifix a été installé dans la salle du conseil municipal en 1937, il y a maintenant 82 ans. Par ce geste, les élus de l’époque exprimaient la reconnaissance de notre histoire et de nos racines. Déjà en 1643, Maisonneuve avait posé la croix sur le Mont-Royal, de sorte que ce signe de l’Amour qui donne tout pour toute l’humanité, fait partie de l’espace public depuis la fondation de notre ville.

 

On apprend aujourd’hui que le crucifix qui orne les murs de l’hôtel de ville sera retiré et transféré dans un musée attenant. Cette décision appartient aux élus qui représentent la volonté des Montréalais qui sont tous citoyens à part entière de notre société.

 

En tant que signe vénéré par les chrétiens, le crucifix est un signe toujours vivant et ouvert au respect des autres croyances qui vénèrent leur propre signe. Malgré tout, rien ne nous empêche, peu importe nos croyances, de nous rencontrer sur la place publique et nous respecter, dans un esprit d’ouverture aux autres, alors que nous partageons tous la même humanité.

 

Du point de vue de la transmission des valeurs de vie spirituelle, de vivre-ensemble et de solidarité, le crucifix a toujours son sens en ce qu’il exprime et résume ce qui anime la population montréalaise, depuis la fondation de notre ville et constitue un héritage dont nous pouvons tous être fiers.

 

 

Christian Lépine
Archevêque de Montréal

 

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Le crucifix est là pour rester à l’hôtel de ville de Montréal (February 19, 2011)

Les victimes sont déçues par le discours du pape ce dimanche, qui a comparé les abus sexuels sur mineurs par le clergé à des “sacrifices des rites païens”.

 

Le pape a comparé ce dimanche les abus sexuels sur mineurs par le clergé à des “sacrifices des rites païens” qui ne doivent plus être “couverts”, mais son discours clôturant un sommet inédit de l’Eglise a suscité des réactions très irritées des victimes.

 

“Aucun abus ne doit jamais être couvert, comme ce fut le cas par le passé, et sous-évalué”, a déclaré François, après quatre d’un sommet inédit de la hiérarchie de l’Eglise, minée par le sujet.

 
 

“La faute du diable” ?

“Cela me rappelle la pratique religieuse cruelle, répandue par le passé dans certaines cultures, qui consistait à offrir des êtres humains – spécialement des enfants – en sacrifice dans les rites païens”, a lancé d’emblée le pape, adepte des formules imagées.

Le souverain pontife argentin a aussi beaucoup insisté sur les dérives de certains membres du clergé “devenant un instrument de Satan”, ajoutant : “dans les abus, nous voyons la main du mal qui n’épargne même pas l’innocence des enfants”.

 

Or pour lui, il est temps d’écouter “l’écho du cri silencieux des petits” qui se sont retrouvés devant “des bourreaux” aux “cœurs anesthésiés par l’hypocrisie et le pouvoir”. “Il s’agit de crimes abominables qui doivent disparaître de la face de la terre”, a-t-il encore qualifié, en lançant “un appel pressant pour la lutte à tous niveaux contre les abus sur mineurs”.

 

“On est pas surpris, mais on est déçus”, a commenté le Suisse Jean-Marie Fürbringer, présent comme beaucoup d’autres victimes sur la place Saint-Pierre. Il assène :

 

“Honnêtement c’est un blabla pastoral, la faute du diable. Ils noient le poisson, ça permet de ne pas aborder directement les problèmes de l’Eglise.”

Pour l’Italien Francesco Zanardi, “le Vatican n’est plus crédible” et “l’Eglise continue a se sentir comme une victime” car “les victimes réclament des mesures”.

 
 

“C’est très décevant”

“C’est très décevant”, a aussi taclé le Britannique Peter Saunders, anciennement membre d’une commission anti-pédophilie du Vatican. Il s’insurge même :

 

“Le discours parle du diable, du mal. Il n’y a rien sur la tolérance zéro, l’exclusion définitive de violeurs d’enfants et des agresseurs sexuels employés par l’Eglise !”

Et de souligner :

 

“Le pape fait habilement diversion en regardant ailleurs, nous savons tous que c’est un problème global”.

De fait, François a consacré un très long développement aux statistiques disponibles sur les abus sexuels perpétrés dans le monde dans toutes les sphères de la société, notamment dans les familles, les écoles et les milieux sportifs :

 

“Nous sommes, donc, devant un problème universel et transversal qui, malheureusement, existe presque partout.”

Le pape a promis de “donner des directives uniformes pour l’Eglise” mais sans se soumettre à “la pression médiatique”, évoquant avant tout des normes déjà en vigueur au niveau international et au niveau ecclésiastique.

 
 

“L’humiliation la plus grande”

Durant quatre jours le pape a voulu faire comprendre aux 190 participants de tous les continents leur “responsabilité” individuelle et collégiale face aux scandales, et prendre aussi par le bras des épiscopats d’Asie et d’Afrique affirmant, y compris cette semaine, se sentir peu concernés.

 

Dimanche matin, tous étaient d’abord réunis pour une messe dans la majestueuse salle royale du Palais apostolique, là où ils avaient écouté samedi dans un silence glacé un jeune chilien expliquant que subir des abus sexuels “c’est l’humiliation la plus grande qu’un être humain subit”.

 

“En écoutant les survivants, nous avons entendu le Christ crier dans les ténèbres”, a déclaré Mgr Mark Coleridge, le président de la conférence épiscopale d’Australie, secouée par d’énormes scandales, chargé du sermon de cette messe.

 

Déjà minée par de nombreuses affaires d’abus dissimulés, la crédibilité de l’Eglise catholique a été sévèrement entachée en 2018 par de nouveaux scandales de grande ampleur, au Chili, aux Etats-Unis ou encore en Allemagne.

 

Aux présidents de 114 conférences épiscopales, chefs des Eglises catholiques orientales et supérieurs de congrégations religieuses, le pape avait réclamé “du concret” dès le lancement des débats jeudi en distribuant une feuille de route en 21 points.

 

Les organisateurs n’ont cessé de répéter que des plans d’action, voire des changements législatifs, seront mis en chantier dès la fin du sommet. Un “vade-mecum” spécifiant les démarches à entreprendre si un cas d’agression sexuelle émerge est déjà en cours de rédaction pour les pays manquant d’experts.

 

Trois membres de la Curie ont évoqué la possible levée du “secret pontifical” pour des cas avérés d’abus sexuels du clergé. Ils veulent de la transparence sur les procédures judiciaires de l’Eglise, qui entendent les victimes comme témoins puis ne les informent jamais de l’état d’avancement du dossier.

 
 

L’Obs, avec AFP

 

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bishop-accountability.org : Documenting the Abuse Crisis in the Roman Catholic Church

 

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Pope defrocks ex-cardinal Theodore McCarrick over abuse claims (February 16, 2019)
Pope Acknowledges Nuns Were Sexually Abused by Priests and Bishops (February 5, 2019)
More than 500 priests accused of sexual abuse not yet publicly identified by Catholic Church, Illinois attorney general finds (December 20, 2018)
Prendre la mesure du scandale des prêtres pédophiles au Québec (October 10, 2018)
Abus: le pape exprime sa «honte», Dublin lui demande d’agir (August 25, 2018)
Pennsylvanie: 300 prêtres accusés de pédophilie, plus de 1000 victimes (August 14, 2018)
Cardinal Theodore McCarrick Resigns Amid Sexual Abuse Scandal (July 28, 2018)
Les 34 évêques chiliens offrent leur démission après un scandale de pédophilie (May 18, 2018)
Le cardinal australien Pell sera jugé pour agressions sexuelles (May 1, 2018)
Pope revives lapsed sex abuse commission amid skepticism (February 17, 2018)
Le pape exprime sa “honte” pour des cas de pédophilie dans le clergé chilien (January 16, 2018)
Vatican police ‘break up gay orgy at home of secretary of one of Pope Francis’s key advisers’
(July 5, 2017)
Pédophilie dans l’Eglise : le poids du silence (2017) présenté par ELISE LUCET (May 18, 2017)
One in 14 Catholic priests accused of abuse in Australia (February 6, 2017)
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Pornographie juvénile : un prêtre de Sorel-Tracy accusé (March 8, 2013)
Congrégations générales – Les problèmes de l’Église sur la table (March 7, 2013)
Agressions sexuelles: un deuxième frère de Sainte-Croix sera arrêté (December 29, 2012)
Symposium sur la pédophilie – Le pape appelle au «renouveau de l’Église» (February 15, 2012)
Pornographie juvénile – Sitôt condamné, l’ex-évêque Lahey est libéré (January 5, 2012)
Église néerlandaise: des «dizaines de milliers» de mineurs abusés sexuellement (December 16, 2011)
Pédophilie – L’Église veut éduquer son clergé par Internet (June 28, 2011)
Former Catholic bishop Raymond Lahey pleads guilty to child pornography charges (May 4, 2011)
Pédophilie – Le Vatican va envoyer une «circulaire» aux évêques (November 20, 2010)
Undercover Reporter Films Priests At Gay Clubs (July 26, 2010)
Le Vatican durcit les règles contre la pédophilie (July 15, 2010)
Top Catholic Priest Accused of Sexually Abusing His Own Sons (June 25, 2010)
Pope addresses priest abuse scandal (June 11, 2010)
Vatican Sex Abuse Prosecutor: Guilty Priests Are Going To Hell (June 4, 2010)
Priest Accused Of Abusing Boy, Turning Home Into ‘Erotic Dungeon’ Surrenders To Police
(May 26, 2010)
Le Vatican publiera un guide contre la pédophilie (April 9, 2010)
Agressions sexuelles par des membres du clergé – Les victimes exigent la démission de Mgr Ouellet (February 17, 2010)

 

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La névrose chrétienne (1976) par le Docteur PIERRE SOLIGNAC (May 25, 2012)

Francesco Lepore est né dans une petite ville au nord de Naples au sein d’une famille catholique peu pratiquante. Lui-même a ressenti «très tôt» une «profonde attirance religieuse». Il est devenu prêtre à 24 ans, le 13 mai 2000, «au moment du jubilé et de la World Gay Pride», précise-t-il.

 

Signor Lepore a toujours su qu’il était homosexuel. Il a tout de même longtemps fait le choix de la mortification et de l’ascèse, réussissant à rester chaste pendant cinq ans, «sans même me masturber» précise-t-il. Après, le jeune homme séduisant, sexy même, a commencé une double vie, prêtre de jour, gai de nuit.

 

Il a poussé les études jusqu’à devenir en 2003 traducteur officiel du Vatican en latin, poste de la prestigieuse secrétairerie d’État du palais apostolique. C’est là, au sommet, qu’il a pu constater l’ampleur du système rose qui, selon lui, fait de l’homosexualité non pas l’exception, mais la norme vaticane.

 

Dans quelle proportion, toutes tendances confondues, plus ou moins assumées ? «Je pense que le pourcentage est très élevé, dit-il. Je dirais autour de 80 %. On dit que trois des cinq derniers papes étaient homophiles, certains de leurs assistants et secrétaires d’État aussi. La majorité des cardinaux et des évêques de la curie également.»

 

L’entretien choc, à visière levée — M. Lepore a défroqué —, est publié dans le premier des 24 gros chapitres du livre-événement Sodoma. Enquête au coeur du Vatican du journaliste et sociologue français Frédéric Martel. L’ouvrage sur l’homosexualité généralisée du clergé catholique est publié aujourd’hui en sept langues et lancé dans 20 pays.

 
 

L’auteur de Sodoma, Frédéric Martel, nous parle de son livre

 

 
 

50 nuances de gais

 

En entrevue, M. Martel ne reprend pas le chiffre du huit sur dix de Francesco Lepore et insiste pour l’attribuer à sa source majeure. «Je le cite et je continuerai à le citer là-dessus, mais ce n’est que sa parole», dit l’auteur joint à Rome par Le Devoir à 24 heures du lancement mondial.

 

Son livre affirme pourtant de plusieurs manières l’ampleur du phénomène. «Le Vatican a une communauté homosexuelle parmi les plus élevées au monde et je doute que, même dans le Castro de San Francisco, ce quartier gay emblématique, aujourd’hui plus mixte, il y ait autant d’homos !» écrit-il. Il ajoute plus loin que «l’Église est devenue sociologiquement homosexuelle».

 

Cette réalité paraît tellement assumée que le clergé a tout un vocabulaire pour la décrire. Le livre ouvre sur un archevêque de la curie romaine qui chuchote à l’auteur Frédéric Martel : «Il est de la paroisse», en parlant d’un cardinal, ancien ministre de Jean-Paul II. Un prêtre cité a utilisé l’expression très disco queen «We are family !».

 

Le journaliste d’enquête retient donc le nom Sodoma (une autre appellation contrôlée empruntée à un prêtre qui lui lance en italien : «Benvenuto a Sodoma !») pour décrire ce village global gai qu’est le Vatican.

 

Le cas Lepore permet d’exposer une première règle d’or de ce monde : «Le sacerdoce a longtemps été l’échappatoire idéale pour les jeunes homosexuels. L’homosexualité est une clé de leur vocation», résume le livre. La justesse de la règle se confirme au chapitre 19 consacré aux séminaristes où un futur prêtre explique que, dans son séminaire, sur les vingt aspirants sept sont ouvertement gais et six autres ont «des tendances».

 

La deuxième règle de base, également exposée par le latiniste, dit que «l’homosexualité s’étend à mesure que l’on s’approche du Saint des Saints : il y a de plus en plus d’homosexuels lorsqu’on monte dans la hiérarchie».

 

Une troisième règle, le «code du placard», consiste à «tolérer l’homosexualité, à en jouir le cas échéant, mais à la conserver secrète dans tous les cas». La seule ligne à ne pas franchir est l’activisme et la visibilité. La discrétion est de mise au sein de la paroisse.

 
 

Le timing

 

Comme par hasard, s’ouvre jeudi au Vatican la rencontre des présidents de conférences épiscopales sur la protection des mineurs convoquée par le pape François. Cette rencontre sur les scandales sexuels est qualifiée par plusieurs vaticanistes comme le «sommet de la dernière chance».

 

Frédéric Martel rejette le lien entre ceci et cela. La publication du brûlot, initialement prévue en septembre, a été retardée pour des raisons techniques, notamment par le retard des traductions.

 

Surtout, souligne-t-il deux fois plutôt qu’une, il ne faut pas confondre le sujet de son livre (l’homosexualité des prêtres ou des évêques) et le sujet du sommet (les agressions sexuelles). «Les abus sexuels n’ont aucun rapport avec l’homosexualité», répète-t-il en entrevue.

 

En fait, il y a bel et bien un lien. Frédéric Martel montre que l’homosexualité introduit une culture du secret dans l’Église qui permet elle-même ensuite de maintenir le silence sur les crimes et les abus sexuels.

 

«La clé du cover-up est liée à l’homosexualité très massive des évêques qui protègent des prêtres, ajoute-t-il en entrevue. Quand des évêques protègent des prêtres, ce n’est pas seulement pour protéger ces prêtres qui ont commis des abus : c’est d’abord et avant tout pour se protéger eux-mêmes, parce qu’ils sont terrorisés [par la perspective] d’un scandale, de la médiatisation, d’un procès.»

 

L’ouvrage veut finalement exposer l’homosexualité et son corollaire, l’homophobie, comme clé de lecture de l’histoire du Saint-Siège depuis des décennies. C’est cette condition en porte-à-faux qui expliquerait en partie l’acharnement antipréservatif au moment de la lutte contre le sida, la misogynie insondable de l’Église, la démission de Benoit XVI ou la guerre larvée contre François.

 

«Voici une nouvelle règle de Sodoma, écrit M. Martel. Plus un prélat est véhément contre les gays, plus son obsession homophobe est forte, plus il y a de chances d’être insincère et sa véhémence de nous cacher quelque chose.»

 

Le secret est éventé. Reste à voir comment la hiérarchie réunie à Rome en ce moment y réagira.

 

«Je suis persuadé que l’organisation va devoir faire son aggiornamento, conclut M. Martel en entrevue. Je dirais même un aggiornamento intégral. Parce que de deux choses l’une : ou bien j’ai tort ou bien j’ai raison. Un théologien important, Timothy Radcliffe, qui a été maître des dominicains, a écrit un article à la fois critique et par certains aspects très positif sur mon livre. Il dit que si seulement la moitié de ce que j’écris est vraie, cela appelle à une remise en cause fondamentale.»




Stéphane Baillargeon
Le Devoir

 

Saisi par le père Bernard Preynat, au cœur d’une affaire de viols présumés sur des mineurs, le tribunal de grande instance de Paris a estimé que la diffusion en salle du film ne nuirait pas au procès qui pourrait se dérouler cette année.

 
 

Le film de FRANÇOIS OZON Grâce à Dieu sur la pédophilie dans l’Église, retraçant l’histoire de victimes dans l’affaire Barbarin, a été autorisé par la justice à sortir en salle comme prévu mercredi, a indiqué à l’AFP Emmanuel Mercinier, avocat de Bernard Preynat. La défense du père Preynat, prêtre Lyonnais mis en examen pour agressions sexuelles dans cette affaire et non jugé encore, avait assigné en référé FRANÇOIS OZON pour obtenir un report de la sortie de son film, primé samedi soir du grand prix du jury à la Berlinale.

 

«La décision très bien motivée reconnaît que le film, avec les avertissements qui l’accompagnent, ne justifie pas les mesures demandées qui menaçaient sa sortie. Nous nous en réjouissons», a indiqué à l’AFP Paul-Albert Iweins, l’un des deux avocats du producteur et du distributeur du film.

 

«Le juge a rejeté la demande de report du film, a confirmé Emmanuel Mercinier. Il considère que le fait d’insérer un carton à la dernière seconde du film indiquant que le père Preynat bénéficie de la présomption d’innocence répond aux exigences de la loi, la culpabilité de ce denier n’étant dès lors pas présentée comme acquise.» Il a dit également «regretter amèrement cette décision, non seulement dans l’intérêt du père Preynat, mais plus largement dans l’intérêt général». «Présenter durant deux heures comme coupable un homme qui n’a pas encore été jugé comme tel constitue une atteinte à la présomption d’innocence que ne saurait évidemment pas faire disparaître le fait d’écrire ensuite le contraire durant deux secondes», a-t-il dit. Selon ses défenseurs, le Bernard Preynat fera appel.

 

L’ensemble de cette affaire s’est déroulé à Lyon où une autre audience se tenait lundi qui maintiendra pour le film le suspense jusqu’à mardi 17h. Une ex-membre du diocèse de Lyon, Régine Maire, représentée sous son nom dans le film, a assigné FRANÇOIS OZON pour qu’il retire son nom du film.

 

Le film Grâce à Dieu du réalisateur français FRANÇOIS OZON a été récompensé samedi soir à Berlin. Le festival a décerné sa deuxième récompense majeure après l’Ours d’or à ce long-métrage, tourné en secret l’an dernier.

 

Grâce à Dieu raconte la naissance de l’association de victimes La Parole libérée, fondée à Lyon en 2015 par d’anciens scouts abusés par un prêtre pédophile, Bernard Preynat. Au total, l’association recense près de 85 victimes de ce prêtre. Le film suit trois d’entre elles, incarnées à l’écran par les acteurs Melvil Poupaud, Denis Ménochet et Swann Arlaud.

 

Le sujet est en pleine actualité en France, alors que s’est tenu début janvier à Lyon le procès du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, et de cinq autres personnes pour non-dénonciation d’agressions sexuelles pédophiles dans cette affaire, dite affaire Barbarin. Le jugement est attendu le 7 mars. Mis en examen pour agressions sexuelles depuis janvier 2016, le père Preynat pourrait quant à lui être jugé cette année.

 

Jeudi à Paris, FRANÇOIS OZON a confié au Figaro son étonnement quant à cette démarche: «Régine Maire a vu le film chez nos avocats, quand j’étais à Berlin. Je ne peux pas parler pour elle mais j’espère que le film a calmé ses angoisses. Elle fait du mieux qu’elle peut à la place qui est la sienne. Les gens trouvent qu’elle a une très bonne écoute. Ce qui la gêne, c’est que son nom soit cité mais tout ce que raconte correspond à des verbatims. Tous les mails avaient déjà été publiés sur le site de la Parole libérée donc je n’invente rien. Il n’y a pas d’attaque sur la vie privée, ni sur la présomption d’innocence. On la montre dans un cadre public et professionnel. Demandez aux journalistes qui ont suivi l’affaire, il n’y a aucun scoop. On apprend des choses sur les victimes, pas sur les autres protagonistes de l’histoire.»

 
 

AFP agence
Le figaro.fr

 

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Sainte Vierge (Blessed Virgin) : le prochain film de Verhoeven risque-t-il de prendre la foudre ? (August 24, 2018)

L'Abbatiale de la
Liturgie Apocryphe

"The production of nervous force is directly connected with the diet of an individual, and its refining depends on the very purity of this diet, allied to appropriate breathing exercises.

The diet most calculated to act effectively on the nervous force is that which contains the least quantity of animal matter; therefore the Pythagorean diet, in this connection, is the most suitable.

...

The main object was to avoid introducing into the organism what Descartes called 'animal spirits'. Thus, all animals that had to serve for the nourishment of the priests were slaughtered according to special rites, they were not murdered, as is the case nowadays".