Alléluia! Les églises se transforment

Plus personne ne s’étonne de voir des églises changer de confession ou se transformer en immeubles de condos de luxe en raison de la désertion des fidèles. Mais dans certains cas, on pousse l’audace un peu plus loin…


Jadis surnommée « la ville aux cent clochers », Montréal est aujourd’hui chef de file de la désertion des églises au Québec. Les quelques fidèles qui s’y recueillent encore ne suffisent plus à justifier l’entretien des édifices, et le clergé doit donc se défaire de plusieurs d’entre eux.


Loin d’être simple, la fermeture des lieux de culte est un casse-tête pour les évêques et autres membres influents du clergé, qui doivent redéfinir les paroisses et trouver des acquéreurs. Depuis 2003, 102 églises dans l’île de Montréal ont été converties ou démolies, selon une étude menée en 2009-2010 par la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain.


«Actuellement, nous en avons sept à vendre, et il y en a neuf où nous sommes en phase finale pour la signature du contrat», explique Louis-Philippe Des­rosiers, chargé de la vente des églises au diocèse de Montréal. «Lorsque le diocèse approuve une fermeture, le bâtiment est offert à une autre Église pour une période de six à neuf mois. S’il n’est pas vendu dans ce délai, il est offert aux organismes sans but lucratif pour une même période, et ensuite seulement à Monsieur et Madame Tout-le-monde.»


Montréal n’est pas un cas unique au Québec, mais le phénomène est accentué en raison de la multiethnicité de sa popu­lation. La majorité des ache­teurs appartiennent d’ailleurs à diverses confessions. Ainsi, certaines églises du diocèse de Mont­réal sont devenues des lieux de culte adventistes, évan­géli­ques, coréens ou pentecô­tistes. L’ancienne église catholique Sainte-Cunégonde, située dans l’arrondissement du Sud-Ouest, est louée depuis 2002 à une communauté catholique coréenne, alors que l’ancienne église Saint-François-Solano, dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, a été acquise, en 2007, par l’Église adventiste du septième jour.


Les Églises protestantes – Églises unie, presbytérienne, anglicane – sont aussi touchées. En septembre 2010, par exemple, l’association sikhe Guru Nanak a acquis la petite église angli­cane All Saints, à Verdun. Le temple est ouvert en permanence, hommes et femmes peuvent venir y prier à toute heure, à condition de se couvrir la tête et de se déchausser à l’entrée. Les bancs ont été retirés – sauf un, réservé aux personnes âgées – et remplacés par des tapis. L’association sikhe a investi plus de 120 000 dollars pour adapter l’édifice à ses besoins. La croix sur le toit sera remplacée par un dôme dès que la municipalité aura accordé un permis à cette fin. Quelque 200 per­sonnes fréquentent chaque fin de semaine la gurdwara (maison du prophète).


Généralement vastes, abondamment fenêtrés, situés au cœur des quartiers et parfois même flanqués d’un station­nement, les lieux de culte présentent de nombreux avantages, notamment pour les organismes qui offrent des services à la popu­lation … LIRE.



Christine Bertrand
L’actualité



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Ne touchez pas à mon église! (2012) de BRUNO BOULIANNE (ici)
Vouloir sauver des églises sans se faire d’illusions (ici)

Les soldats de Jésus (2012) de ORLANDO ARRIAGADA

Les soldats de Jésus (2012) de ORLANDO ARRIAGADA

Les soldats de Jésus
Orlando Arriagada, Canada, 2012, 45 min


Après avoir fortement investi le reste du continent américain, la vague évangélique déferle finalement sur le Québec. Et son succès est aussi rapide que fulgurant. Le documentaire Les soldats de Jésus brosse un portrait global de l’implantation évangélique en sol québécois. Quelles sont les principales raisons du succès de ce mouvement religieux qui, de nos jours, connaît la croissance la plus rapide au monde? Quelles en sont les pratiques et la philosophie?

Kateri Tekakwitha, la première sainte autochtone en Amérique du Nord

Plusieurs délégations du Canada pour la canonisation de Kateri Tekakwitha


Kateri Tekakwitha

Plusieurs délégations du Canada et des États-Unis sont au Vatican pour assister dimanche à la canonisation de Kateri Tekakwitha, une jeune mohawk décédée à l’âge de 24 ans, qui deviendra la première sainte autochtone de l’Amérique du Nord.


Le dernier miracle attribué à Kateri Tekakwitha est celui de la survie d’un jeune garçon. À l’âge de 5 ans, après une chute, la bactérie mangeuse de chaire est entrée par sa lèvre et s’est propagée dans son corps. Les médecins avaient alors décrété qu’il n’y avait plus rien à faire, d’autant que la bactérie s’était aussi logée dans la tête.


Une religieuse avait amené la famille à prier Kateri Tekakwitha. L’enfant s’est rétabli et n’a aujourd’hui aucune séquelle, y compris au cerveau. Les seules marques qui lui restent sont celles des interventions médicales tentées, sans succès, pour extraire la bactérie.


La dévotion à Kateri Tekakwitha, née en sol américain, a été plus marquée aux États-Unis, mais elle a pris aussi son importance dans les 40 dernières années au Québec, notamment à Kahnawake, où son corps repose dans la réserve mohawk. L’Amérindienne est morte en 1680.


Mgr Lionel Gendron, évêque du diocèse de Saint-Jean-Longueuil, est à Rome pour assister à ce que plusieurs qualifient de moment historique.


«Pour notre Église, c’est peut-être surprenant qu’une petite fille du 17e siècle ait autant d’importance. Mais elle avait un amour du Christ et une volonté de s’identifier à lui», a indiqué Mgr Gendron.


Kateri Tekakwitha, aussi nommée «le lys des Mohawks» sera proclamée sainte au terme d’une cérémonie présidée par le pape Benoît XVI.


Tekakwitha est née en 1656 à Ossernenon, qui fait partie aujourd’hui de l’État de New York. Elle était fille d’un chef mohawk et d’une mère algonquine catholique, baptisée et éduquée par des missionnaires français.


Sa famille a été décimée par la variole et la petite Kateri, orpheline, est restée défigurée et handicapée des suites de l’infection.


Baptisée par un missionnaire à l’âge de 20 ans, les siens ne comprenaient pas sa conversion. Elle s’échappa et fonda à Kahnawake une communauté chrétienne. Elle y mourut quatre ans plus ans.



La Presse canadienne
Le Devoir

En Espagne, la restauration d’une peinture du Christ fait hurler

CHRIST DE BORJA – « Un travail de cochon », titre le quotidien El Heraldo de Aragón ce mardi 21 août, faisant référence à ce qui pourrait bien être la pire restauration artistique de l’histoire.


Une peinture murale d’Elias Garcia Martinez représentant le Christ a en effet été « restaurée » dans la commune de Borja (province de Saragosse). Mais, au regard des photos de l’œuvre avant-après, le résultat n’est certainement pas celui que l’église attendait:


En Espagne, la restauration d'une peinture du Christ fait hurler

L’affaire du Christ de Borja a d’abord été relayée par le blog du Centre d’études de Borja, dans un billet daté du 8 août.


Le blog raconte que ce « fait inqualifiable » a été remarqué lors d’un travail d’inventaire des œuvres religieuses de la ville. Le coupable? Le billet parle d’un « artiste » dont la famille vit à Borja, sans donner plus de précisions sur son identité (on sait maintenant qu’il s’agit d’une voisine, âgée de 80 ans). On ne sait pas non plus quand le travail sur l’œuvre a eu lieu puisqu’elle n’a jamais été autorisée ou commandée.


CHRIST DE BORJA - "Un travail de cochon", titre le quotidien El Heraldo de Aragón ce mardi 21 août, faisant référence à ce qui pourrait bien être la pire restauration artistique de l'histoire.

Depuis l’article d’El Heraldo, l’Espagne s’insurge (et s’amuse) de cet avant-après catastrophique. Lire.



Lauren Provost
Le Huffpost

Benhabib veut débattre du crucifix à Québec

Le PQ propose une charte de la laïcité pour régler les accommodements raisonnables


Trois-Rivières et Shawinigan – En devenant candidate – vedette – du Parti québécois dans Trois-Rivières, Djemila Benhabib a accepté d’endosser toutes les positions de son parti. Y compris celle concernant le maintien du crucifix au Salon bleu de l’Assemblée nationale, auquel elle est opposée. Mais elle promet de mener à l’intérieur du PQ un combat pour que le parti change d’idée à cet égard.


Mme Benhabib a rappelé hier matin être «soucieuse de la neutralité des institutions » et soutenu que l’Assemblée nationale «doit représenter la volonté du peuple, qui n’est pas assujettie à une quelconque religion». «Ma prise de position [contre le crucifix] repose sur ce principe-là», a-t-elle dit lors d’une conférence de presse aux côtés de sa chef, Pauline Marois. Le PQ présentait son engagement à adopter une charte québécoise de la laïcité.


Or, la position du PQ sur le crucifix est claire : il a sa place au Salon bleu, en tant qu’élément du patrimoine historique québécois. Et Pauline Marois entend bien le laisser là – contrairement à ce que souhaitait André Boisclair en 2007. La position de Mme Marois rejoint le sens d’une motion adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale en mai 2008, au moment de la publication du rapport Bouchard-Taylor, qui recommandait le retrait du crucifix.


Pour Mme Marois, le symbole est important. «Vouloir faire un pas pour s’assurer de la neutralité [de l’État par une charte de la laïcité] ne veut pas dire qu’on renie ce qu’on est. Simplement qu’on est à un autre moment de notre histoire», a-t-elle dit hier. Elle répondait à une question soulignant le paradoxe qu’il y a à tenir une conférence de presse sur la laïcité dans le vénérable moulin seigneurial de Pointe-du-Lac (à Trois-Rivières), qui appartient à la communauté des Frères de l’Instruction chrétienne. «Cela illustre qu’on ne renie pas le passé», a ajouté Mme Marois.


Auteure de Ma Vie à contre-Coran, intellectuelle championne de la laïcité et partisane du retrait du crucifix, Mme Benhabib a tout de même indiqué qu’elle «assume et appuie totalement les prises de position du PQ». «Quand on s’engage en politique, on ne s’attend pas à ce que le parti appuie tous les arguments d’une personne, dit-elle. S’il y a des batailles à faire au sein du parti, je le ferai.»


Pour elle, la question du crucifix est toutefois secondaire dans le grand tout des accommodements raisonnables. «Dans ce débat, j’ai été davantage préoccupée par le fait qu’on insistait pour retirer les symboles de la majorité alors qu’on permettait ceux des minorités religieuses. En faisant ça, on brisait un fondement de la démocratie, soit l’égalité de tous, en créant deux catégories de citoyens.»



Paramètres clairs


Ce principe de l’égalité et celui de la neutralité de l’État sont au coeur du projet de charte du PQ, qui va à plusieurs égards plus loin que le projet de loi 94 abandonné à la dernière session. La présentation de mardi matin reprend des éléments déjà connus du programme du parti : la charte «stipulera que le Québec est un État laïque», qu’il est «neutre par rapport aux croyances des uns et des autres en matière de religion» et que «la liberté de religion ne pourra être invoquée pour enfreindre le droit à l’égalité entre les femmes et les hommes ou le bon fonctionnement des institutions publiques et parapubliques».


On précise également que tous les représentants de l’État (et pas seulement ceux identifiés par la commission Bouchard-Taylor) cesseront de pouvoir porter des signes religieux ostensibles si la charte est adoptée.


De manière générale, le PQ souhaite que cette charte «permette aux tribunaux de pouvoir interpréter le droit en fonction d’un texte de référence, et non en fonction d’une jurisprudence établie au cas par cas», indique-t-on. «La charte aura force de loi», a précisé Mme Marois, pour qui un gouvernement péquiste «va affirmer notre identité».


«Nous n’avons pas à nous excuser d’être ce que nous sommes», a-t-elle dit. «Les Québécois sont tannés d’avoir l’impression de faire des compromis sur nos valeurs. Et c’est au gouvernement de fixer des balises claires en la matière.» Mme Marois estime que «ce débat de société nous concerne tous» et rappelle «qu’affirmer la laïcité ne veut surtout pas dire que l’État interdira les religions»… ou qu’il «touchera à certaines traditions qui font partie de notre héritage, comme celle du sapin de Noël».



Clause dérogatoire ?


Si le PQ est élu, la charte sera rédigée avant d’être soumise à un débat qui permettra de «bonifier» le texte, mais sans en changer les grands principes. Pour Pauline Marois, pas question, toutefois, de faire une commission Bouchard-Taylor prise 2. «Non ! Non ! Non !», a-t-elle spontanément répondu. «On ne recommencera pas ça.»


La chef péquiste s’est aussi dite prête à utiliser la clause dérogatoire si sa charte de la laïcité est contestée parce qu’elle entrerait en contradiction avec certaines clauses de la Charte canadienne des droits et libertés, notamment celles concernant la liberté de religion et le multiculturalisme. «Nous ferons la bataille qu’il faut si elle doit être contestée, a-t-elle dit. Mais avant de penser à ça, nous allons la débattre et l’adopter.»



Hérouxville heureux


Lors d’un rassemblement partisan du PQ en soirée à Shawinigan, André Drouin, l’homme derrière le Code de vie d’Hérouxville, a donné son plein appui à la charte : il estime que «c’est probablement la meilleure chose qui puisse nous arriver en tant que nation».


Depuis Beauport, François Legault a de son côté jugé que le PQ va trop loin avec certaines dispositions de la charte de la laïcité. Mais sur le fond, il est plutôt d’accord avec les objectifs centraux de la charte et se dit prêt à déposer une initiative semblable. Quant à Jean Charest, il a affirmé que son gouvernement avait mis en oeuvre la majorité des recommandations du rapport de la commission Bouchard-Taylor.


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Avec la collaboration d’Antoine Robitaille et de Robert Dutrisac



Guillaume Bourgault-Côté
Le Devoir


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La Couronne et la Croix
Chantal Hébert, Le blogue de Chantal Hébert (L’actualité), 15 août 2012


Fascinant tout de même de constater que parmi ceux qui défendent le plus viscéralement le maintien d’un crucifix sur le mur de l’Assemblée nationale, il y a beaucoup de gens qui sont, d’autre part, irrités par la plus grande visibilité de la monarchie britannique dans la trame visuelle fédérale actuelle. Lire.



Porter la croix?
Josée Legault, Le blogue de Josée Legault (L’actualité), 15 août 2012


Que serait une campagne électorale sans une controverse quelconque sur la question des accommodements dits raisonnables? Lire.