Le nouvel archevêque de Montréal s’inscrit dans la mouvance conservatrice

MONTRÉAL – Le nouvel archevêque de Montréal, Christian Lépine, a rencontré les médias, mercredi, en compagnie de celui dont il prend la relève, le cardinal Jean-Claude Turcotte, qui prend sa retraite à l’âge de 75 ans.


D’entrée de jeu, il est apparu que ce changement de garde se traduira par un changement de style et un alignement plus clair sur la doctrine conservatrice avancée par le pape Benoît XVI.


Contrairement à l’approche populiste du cardinal Turcotte, Mgr Lépine est davantage axé sur l’approche intellectuelle et la théologie. Il se définit lui-même comme un apôtre de la chasteté et de la virginité avant le mariage.


D’une prudence extrême, il a toutefois évité les déclarations à l’emporte-pièce lors de sa conférence de presse, se référant constamment aux enseignements de Jésus-Christ par la voie de l’Évangile, en se réclamant du coup de l’approche de son prédécesseur.


«Quand les problèmes sont complexes et qu’on ne sait plus trop à quelle priorité accorder le plus d’attention, allez à l’essentiel, a dit l’archevêque. Et l’essentiel qu’il (le cardinal Turcotte) nous communiquait par le fait même dans le même souffle, c’est Jésus Christ, c’est de connaître Jésus Christ, c’est de découvrir Jésus Christ, c’est de vivre la vie de Jésus Christ.»


Il dit baser sa démarche sur le respect de la personne et privilégier le dialogue plutôt que la confrontation, dialogue qu’il cherche à initier par l’écoute.


«Quand quelqu’un a une valeur ou une opinion, que ce soit en faveur de l’avortement ou de l’euthanasie, ce à quoi je ne suis pas prêt à me rallier si on veut, j’ai besoin de savoir pourquoi quelqu’un en est venu à penser comme ça. Parce que je ne peux pas vraiment lui parler encore si je ne sais pas ce qui a amené quelqu’un à être en faveur d’une certaine optique», a-t-il expliqué.


Sa philosophie conservatrice ne fait toutefois aucun doute. Par exemple, il n’est pas en faveur de permettre la communion à des personnes divorcées si elles se trouvent dans un nouveau couple.


«Si elles sont divorcées sans être engagées dans une autre relation, elles sont prêtes à communier parce qu’elles sont dans la fidélité à leur mariage. Si elles ont repris une autre relation — ça peut être compréhensible — l’idée c’est de dire à quelqu’un: je t’invite à prier mais je ne pense pas que tu sois prête à communier.»



Pour sa part, le cardinal Turcotte n’a pas caché son soulagement de céder des responsabilités qui commençaient à lui peser en raison de son âge et de son état de santé. Il a assuré son successeur de son soutien tout en lui promettant de ne pas se transformer en gérant d’estrade.


«J’ai besoin de réfléchir davantage, de prier davantage, et puis de rendre des services selon mes capacités, a indiqué le nouveau retraité. Bien sûr que je ne jouerai pas à la belle-mère! La belle-mère comme le font certaines (organisations) syndicales ou politiques, je n’ai aucune intention de jouer de ce côté-là. Je vais mettre la pédale douce du côté des médias.»


Mgr Turcotte a fait part de son intention de prendre le temps de se recueillir, de se reposer, et de faire un certain rattrapage sur les séries télévisées qu’il avait aimées sans avoir le temps de les regarder.


Invité à faire le bilan de ses 22 années à la tête de l’archidiocèse de Montréal, le cardinal Turcotte s’est dit fier d’avoir vu naître un militantisme solide au sein de sa congrégation dans une société où la religion catholique était en déclin.


«Ce dont je suis fier c’est qu’aujourd’hui, il y a peut-être moins de monde mais on a des gens convaincus. Il y a eu un changement global. À l’époque, quelqu’un qui n’allait pas à la messe était montré du doigt par les autres. Aujourd’hui c’est quand tu vas à la messe que t’es montré du doigt. Pour moi, ce n’est pas si mauvais que ça.»


Pour sa part, Mgr Lépine s’est dit tout à fait à l’aise à oeuvrer dans une société laïcisée, en autant que l’on ne dépasse pas les bornes.


«Quand une religion est une religion d’État, il n’y a plus de liberté de religion. Le fait qu’il y ait une distinction entre l’État et l’Église, qu’il y ait une distinction entre la sécularité et la religion ou la foi, je pense que c’est une bonne chose (en ce sens que) ça donne une liberté à la religion. Par contre, si la sécularité devient la fermeture de la religion, si la sécularité devient le refoulement du religieux, là je trouve qu’on est revenu à la case départ», a-t-il dit.



La Presse Canadienne

Ne touchez pas à mon église! (2012) de BRUNO BOULIANNE

La première québécoise avait lieu aux Rendez-Vous du Cinéma Québécois mercredi dernier (22) et sera diffusée en ‘version télé’ (43 minutes en moins) ce mardi 28 février à 20h00 sur les ondes de RDI. On l’ajoute à la liste ‘Patrimoine & Identité culturelle‘.

Ne touchez pas à mon église
Bruno Boulianne, Canada, 2011, 63 min

 

Depuis longtemps, les églises du Québec se vident. Depuis peu, nos temples ferment, sont démolis ou sont vendus au plus offrant. Mais aujourd’hui, de simples citoyens s’unissent pour tenter de sauver leur église. Même si la plupart d’entre eux ont déserté la messe, tourné le dos au dieu catholique, ils ont compris l’importance d’assurer la pérennité de ce qui représente encore un repère historique, culturel et surtout identitaire …

 

Ne touchez pas à mon église! (2012) de BRUNO BOULIANNE

 

C’est ce qu’ont fait les habitants de St-Camille, un petit village des Cantons-de-l’Est. Avant de voir leur église fermée par leur diocèse, ils ont entrepris de la transformer en espace communautaire, ouvert à toutes les générations. En partant avec Delphis et Monique Duhamel, qui photographient les églises du Québec, suivez les péripéties des citoyens de St-Camille dans leur projet de transformation. Alors que quelques irréductibles résistent pour conserver leur temple tel quel, de nouveaux arrivants et quelques natifs du village, athées ou croyants, jeunes ou vieux, progressent pour arriver au bout de leur peine : redonner vie à leur église.

 

 

netouchezpasamoneglise.com

‘Dieu réunit ceux qui s’aiment’ – Coup de pub des paroisses de l’Église catholique de Québec

'Dieu réunit ceux qui s’aiment' Publicité publiée dans les pages de le Soleil (p. 13) et de Le Journal de Québec (p. 18)

Coup de pub des paroisses de l’Église catholique de Québec (…) suite à la forte médiatisation des réactions à la censure de la finale du fameux Hymne à L’amour d’Édith Piaf dans une école de Sorel (ici et ici). Les publicités se retrouvent dans les pages 13 de le Soleil et 18 de Le Journal de Québec du vendredi 17 février 2012.


'Dieu réunit ceux qui s’aiment' Publicité publiée dans les pages de le Soleil (p. 13) et de Le Journal de Québec (p. 18)

Un communiqué accompagne la diffusion de la publicité.



Symposium sur la pédophilie – Le pape appelle au «renouveau de l’Église»

CITÉ DU VATICAN — Le pape Benoît XVI a plaidé pour «un profond renouveau de l’Église» le 6 février dernier à Rome, à l’ouverture d’un symposium sans précédent organisé par l’Église catholique pour éviter les scandales pédophiles qui l’ont entachée ces dernières années.


«Soulager les victimes doit être de la plus haute importance pour la communauté chrétienne et doit aller de pair avec un profond renouveau de l’Église à tous les niveaux», a affirmé le pape à l’ouverture de cette rencontre à laquelle ont participé des délégués de 110 conférences épiscopales et les supérieurs de 33 ordres religieux.


Près de dix ans après l’éclatement du scandale aux États-Unis, suivi de révélations en chaîne, de l’Europe à l’Australie, ces assises, pour une grande part à huis clos, ont pour thème «Vers la guérison et le renouvellement». Elles veulent assurer à l’avenir la «protection des enfants», mais aussi des «adultes vulnérables».


Alors qu’un des reproches faits à l’Église est d’avoir dans le passé protégé les coupables sans écouter les jeunes blessés, les participants ont reçu la consigne de rencontrer en privé des victimes avant d’aller à Rome. «C’est une responsabilité majeure que de pouvoir regarder cette plaie béante dans l’Église, les yeux ouverts», a déclaré hier à Radio Vatican le recteur de l’Université grégorienne où se tient le symposium, le Français François-Xavier Dumortier.


Ce colloque ne vise pas à «un effet de visibilité», a-t-il affirmé en réponse à ceux qui y voient une opération de relations publiques.


D’anciennes victimes ont vivement critiqué hier ce symposium géant qu’elles jugent inutile et organisé pour sauver la face de l’Église. Caramella Buona, une association italienne d’aide aux victimes, s’est plainte de n’avoir pu accréditer deux de ses membres.


Pour Sue Cox, coordinatrice de «Survivors Voice», une coalition de victimes en Europe et aux États-Unis, «ils n’invitent pas ceux qui ne sont pas de leur côté». «C’est juste du théâtre, cela ne sert à rien», selon Mme Cox qui souhaiterait que l’Église soit «ouverte à une enquête par une autorité indépendante».


Pour sa part, la seule victime invitée à ce colloque, Marie Collins, a expliqué qu’elle y voyait «un tournant» positif, un «pas dans la bonne direction». «Ce symposium semble marquer un changement d’époque, d’attitude de l’Église. Un événement extrêmement important pour chacun, pour l’Église, pour les survivants et pour l’avenir», a dit à l’AFP cette Irlandaise violée à l’âge de 13 ans par un prêtre dans un hôpital de Dublin.


«J’espère qu’il y aura la reconnaissance [par les évêques] que beaucoup de choses ont mal fonctionné dans le passé», a ajouté Mme Collins qui a joué un rôle essentiel dans la dénonciation des abus dans son Église en Irlande et rappelle que «les coupables ont été laissés libres».


Pour le jésuite et psychothérapeute Hans Zollner, organisateur du symposium, l’Église entend «assumer la responsabilité pour le mal commis».


Les réponses des victimes sont diverses: pour certaines, «trop blessées, le chapitre Église est clos». D’autres «désirent aider pour que cela ne se répète pas», observe-t-il à Radio Vatican.



L’évêque Marc Ouellet


Quarante rapporteurs prendront la parole sur toutes les dimensions du problème, de l’influence de la pornographie sur Internet à la formation des prêtres. Des évêques «qui ont agi courageusement en défense des victimes» aux Philippines, États-Unis, Mexique, Brésil, Allemagne et Afrique du Sud témoigneront, selon les organisateurs du symposium.


Une des difficultés est, en raison de différences culturelles, de faire prendre conscience aux Églises en Asie ou en Afrique de la dimension du problème dans leur société.


D’autres institutions et communautés doivent aussi prendre la mesure de l’étendue des abus chez eux, l’Église pouvant même «devenir leader dans la protection des mineurs», selon le père Zollner.


Le président de la Congrégation pour les évêques, le Canadien Marc Ouellet, présidera aujourd’hui en l’église Sainte-Ignace une veillée pénitentielle où des responsables de l’Église «demanderont pardon» aux milliers de victimes.


Au titre des mesures concrètes, un centre d’enseignement par internet, largement financé par des institutions catholiques allemandes, sera lancé pour permettre à tous les religieux dans le monde de se familiariser avec les meilleures pratiques. Il aura des relais au Ghana, au Kenya, en Argentine, en Équateur, en Inde, en Indonésie, en Allemagne et en Italie.



Agence France-Presse
Le Devoir

Pornographie juvénile – Sitôt condamné, l’ex-évêque Lahey est libéré

OTTAWA — Condamné à 15 mois d’emprisonnement et à une probation de deux ans pour possession de pornographie juvénile, l’ex-évêque catholique Raymond Lahey est sorti de prison aussitôt sa peine prononcée hier au palais de justice d’Ottawa.


Comme le juge Kent Kirkland a accepté de compter en double les huit mois déjà passés derrière les barreaux, la peine de prison de l’ancien évêque de 71 ans est donc purgée, et il a entamé sa période de probation. L’ancien évêque du diocèse d’Antigonish, en Nouvelle-Écosse, ne s’est pas adressé à la horde de journalistes qui l’attendaient à sa sortie du palais de justice hier.


Le juge lui a toutefois imposé de sévères conditions de probation. Il devra notamment fournir un échantillon d’ADN et s’inscrire au registre des délinquants sexuels. Il devra aussi se soumettre à une fouille de ses ordinateurs lorsque la police le décidera. M. Lahey devra aussi se tenir loin des piscines, des garderies et des écoles.


«La tâche la plus difficile pour un juge lorsque l’on tente de déterminer une peine appropriée, c’est de trouver l’équilibre entre les valeurs fondamentales […] tout en prenant en compte la nature de l’accusé, a expliqué le juge Kirkland. Cette tâche est particulièrement exigeante dans ce cas-ci. D’un côté, l’exploitation sexuelle des enfants est un crime qui commande des représailles sévères. De l’autre côté, les circonstances personnelles de l’accusé, qui a assumé la responsabilité de ses actes répréhensibles, réduisent l’urgence d’une incarcération.»


Lahey avait plaidé coupable en mai dernier à une accusation d’importation de matériel de pornographie juvénile. Le septuagénaire avait alors décidé d’être emprisonné avant même que le juge ne décide de la peine. Il avait été épinglé à l’aéroport d’Ottawa. Des douaniers avaient découvert des milliers d’images sur son ordinateur portable et sur un appareil électronique de poche. Parmi les 155 000 images découvertes, 588 photographies et 63 vidéos montraient de jeunes garçons se livrant à divers actes sexuels, dont certains étaient torturés ou ligotés.


La Couronne a révélé à la cour que la collection de photos pornographiques de Lahey comprenait notamment des clichés montrant de jeunes garçons portant des crucifix et des chapelets en train d’accomplir des actes sexuels, et celle d’un homme déguisé en moine qui donnait la fessée à un garçon. En cour, un psychiatre a expliqué que Lahey n’est pas un pédophile.


Le procureur de la Couronne, David Elhadad, a estimé que la décision envoie le message que des peines sévères attendent ceux qui commettent des crimes liés à la pornographie juvénile.



La Presse canadienne
Le Devoir