Leçon pratique de multiculturalisme canadien, part 43

Enseigner le français en terrain hostile au temps de la loi 96

« Ça me heurte. Ça me décourage. Je me demande à quoi je sers. » Incursion dans la vie de professeurs de français au Cégep John Abbott alors que la colère gronde sur le campus du West Island contre le projet de Québec de rénover la loi 101.

 

Will McClelland, 43 ans, est professeur d’anglais au Cégep John Abbott. Il est fier de dire que sa famille est établie au Québec depuis 1834. Il regrette, par ailleurs, que son français ne soit pas assez bon pour répondre à nos questions dans cette langue qu’il trouve trop difficile à maîtriser.

 

« Je n’ai pas très très bilin[gue] », dit-il. « Pourquoi? » je demande. « You could also ask : why don’t I play hockey better? Well, not everyone can be Guy Lafleur! » (Vous pourriez aussi me demander pourquoi je ne suis pas meilleur au hockey, mais tout le monde ne peut pas être Guy Lafleur), ironise-t-il, derrière ses lunettes fumées.

 

Monsieur McClelland, comme beaucoup de professeurs du cégep, est venu manifester contre le projet de loi 96 en compagnie d’une centaine d’étudiants qui scandent des slogans sur le campus avec beaucoup de conviction. « NO 96! Fuck that shit! » (Non à 96! À bas cette merde!)

 

Mis à part cet événement lié à l’actualité, l’endroit semble figé dans le temps. Un magnifique campus à l’allure britannique, des pelouses déjà vertes devant un lac Saint-Louis scintillant.

 

Le Cégep John Abbott, dans le West Island, est entouré de vieilles demeures élégantes rappelant que ce coin de l’île de Montréal constituait, au début du 20e siècle, un refuge champêtre pour les familles les plus riches du Québec. Les Angus, les Morgan, les Abbott, etc.

 

Le professeur d’anglais tient fièrement une pancarte sur laquelle on peut lire : « Bill 96, une autre loi raciste ». Pourquoi raciste? La réponse du professeur évite la question. En fait, dit-il, il en a contre l’ampleur de la loi : « Ce n’est pas une loi, c’est une loi omnibus de 290 pages. C’est beaucoup trop gros. »

 

Malgré le fait qu’il ne parle pas vraiment la langue, le professeur McClelland célèbre le fait français au Québec. Il évoque de « jolies filles » québécoises qui l’ont gentiment aidé à pratiquer un peu. Will McClelland affirme que le Canada tire sa richesse de sa dualité linguistique. « Nous ne voulons pas que le Québec devienne La Nouvelle-Orléans », assure-t-il. Mais la loi 96? « Ça, c’est non. Il y a des moyens plus amusants et plus sexy que cette loi pour protéger le français », pense-t-il.

 

Depuis 2001, les anglophones sont minoritaires dans les cégeps de langue anglaise comme John Abbott. En 2018, selon le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, près de 40 % de leurs étudiants étaient allophones, 21 % étaient francophones. Pour freiner la tendance qui voit de plus en plus d’étudiants francophones et allophones se diriger vers les cégeps anglophones, le projet de loi 96 propose un gel des places dans le réseau anglophone.

 

En outre, à la suggestion du Parti libéral du Québec, la loi prévoit l’ajout de trois cours additionnels de français dans le réseau collégial anglophone pour les « ayants droit », c’est-à-dire les anglophones du Québec. Pour les étudiants allophones et francophones dans le réseau anglophone, le ministère prévoit plutôt que des cours y soient donnés en français. Le projet de loi prévoit aussi que les étudiants francophones et allophones passent dorénavant l’épreuve uniforme de français pour obtenir leurs diplômes. Les ayants droit en seront dispensés.

 

Pourtant, Noah Kaufman, 19 ans, est complètement paniqué. Noah fait partie des « ayants droit ». Issu de la communauté anglophone du Québec, il a fait ses études secondaires en anglais à Pointe-Claire. Le jeune homme scande sa colère contre la loi 96 bien en avant dans le cortège d’étudiants. La manifestation est filmée par les réseaux de télévision anglophones CBC et CTV.

 

« Avec cette nouveau loi, ça va faire beaucoup plus difficile pour passer le cégep. On doit opposer cette loi beaucoup », dit-il dans un français laborieux, mais compréhensible. Noah insiste : il aime et respecte les francophones, mais il veut défendre les droits des anglophones du Québec.

 

Plus loin dans la manifestation, Jenna, 18 ans. Elle a étudié en français au secondaire. Allophone, c’est une enfant de la loi 101. Elle aussi est venue manifester avec enthousiasme contre la loi 96. Or, elle a fabriqué une pancarte qui peut porter à confusion. « Voici à quoi ressemble 50 % » peut-on y lire.

 

Je lui demande d’expliquer le slogan, elle me raconte. En fait, c’est un message pour se moquer des dispositions de la loi 178 sur la prédominance du français dans l’affichage commercial, adoptée en 1988 par le Parti libéral de Robert Bourassa, à une époque où Jenna n’était évidemment pas de ce monde, mais elle estime que « cette loi n’aurait pas dû être adoptée », affirme-t-elle, en anglais.

 

Officiellement, la manifestation a été organisée par l’association étudiante. La présidente de l’association est une jeune femme affable, Ivana Riveros-Arteaga. « Je veux étudier en loi » (droit) dit-elle. D’entrée de jeu, elle spécifie que les étudiants aiment le français. Elle a d’ailleurs demandé à des camarades de ne pas sortir une affiche du local de l’association sur laquelle on peut lire : « LOI 96, une autre loi raciste », mais explique que si 96 n’est pas raciste, elle est discriminatoire. L’ajout de cours de français, plaide-t-elle, « c’est une barrière. Ça va faire baisser notre cote R ».

 

L’ajout de cours de français est aussi vu par la direction du cégep comme un frein à la réussite. D’ailleurs, la manifestation est encouragée par la haute direction de l’établissement. En effet, le 27 avril dernier, la direction générale du cégep a enjoint à son personnel de manifester contre la loi 96 aux côtés des étudiants. S’ils étaient contre la loi, évidemment.

 

« Les collèges anglophones veulent augmenter les compétences en français de leurs étudiants, mais pas au détriment de leur réussite », écrivait, notamment, dans cette note John Halpin, directeur général de l’établissement.
 

 

Enseigner le français en terrain hostile

« La direction fait une équation entre échec et français. Le français devient un cours écueil », déplore un professeur en soupirant. « Je suis découragé ». Il ajoute : « J’ai beaucoup de peine, en fait ». Le professeur évoque, en outre, une réunion syndicale récente qui a tourné au vinaigre. L’exécutif du syndicat des professeurs, affilié à la CSN, a fait témoigner une jeune Autochtone qui avait échoué à son cours de français et présenté cet échec comme un exemple de discrimination systémique. « Ensuite, beaucoup de nos collègues se sont mis à dire que l’apprentissage du français nuisait aux étudiants en général », se souvient-il, encore marqué, ébranlé, par les propos de certains collègues.

 

Nous nous sommes longuement entretenus avec cinq professeurs du Département de français du Cégep John Abbott. Nous les nommerons : professeurs 1, 2, 3, 4, 5. Nous adopterons aussi le masculin pour éviter de désigner leur genre, puisque nous avons accepté qu’ils témoignent sous couvert de l’anonymat afin de ne pas nuire à leurs relations avec leurs élèves et leurs collègues. Ils ne sont pas tous nés au Québec, mais ont tous en commun d’aimer le français, la littérature, le cinéma, la culture et de s’être donné comme mission de faire aimer et connaître minimalement cette culture à leurs étudiants.

 

Les professeurs consultés nous ont tous dit, d’entrée de jeu, que John Abbott était une « société distincte » et que le rapport au français des étudiants serait sans doute plus positif si on sondait des professeurs de français dans d’autres cégeps anglophones du Québec. « John Abbott, c’est comme un bastion du privilège anglophone de ne pas parler français », a résumé le professeur 2.

 

Ce professeur 2 s’attriste aussi de la tension engendrée par le projet de loi 96. « J’ai des amis, j’ai des collègues anglophones que j’admire beaucoup, que j’aime. Ils sont respectueux. Me parlent en français. Ils aiment le français. On a tissé des ponts qui sont fragiles, je ne voudrais pas qu’ils sombrent », affirme l’enseignant, qui avoue pleurer parfois de désespoir devant une hostilité peu subtile. Il évoque des scènes où, quand il parle français, des membres de la direction ou des collègues réagissent mal.

 

Professeur 2 n’est pas en faveur de la loi 96, mais il est embêté. « Les niveaux de français, même chez les plus forts, même chez les étudiants francophones, sont trop souvent lamentables. Je n’arrive pas à comprendre comment des élèves peuvent se rendre au cégep en ayant si peu de maîtrise de la langue ». Il souhaiterait ne pas devoir imposer par une loi aux étudiants l’apprentissage du français.

 

Les professeurs 1, 3 et 5 constatent aussi que le niveau de français est très faible même au sein des groupes dits « forts ». Professeur 3 spécifie que, souvent, ce sont les allophones qui sont passés par les programmes de francisation qui sont les meilleurs et les plus ouverts à la culture francophone.

 

Le professeur 4 s’en prend à ceux qui disent, dans les médias, que le français n’est pas menacé au Québec. « J’aimerais que ces gens viennent dans ma classe quelques semaines et enseignent à des enfants dont un des parents est francophone, mais qui disent, toujours, à la fin de leur cégep : Je suis 18 ans et mon maison est bleue. »
 

 

Des préjugés tenaces contre les Québécois

« Le français, c’est plate. C’est inutile. Les Québécois sont des ploucs. Ils parlent mal. Je vais déménager en Ontario pour ne pas parler français. C’est ce que nous disent beaucoup d’étudiants », rapporte le professeur 1. « Mais le plus insidieux, c’est de devoir se battre contre ce préjugé tenace que les Québécois sont racistes, xénophobes, repliés sur eux-mêmes », relate-t-il encore.

 

Le professeur 3 raconte, quant à lui, qu’il doit régulièrement recadrer le discours. « Quand ils disent des choses hyper négatives des Québécois, je leur demande de remplacer dans leurs phrases le mot Québécois par, disons, Haïtiens ou Israéliens. La réaction des étudiants est toujours la même : « Ben non. Je pourrais pas dire cela des Haïtiens ou autres, ce serait raciste! » Alors je leur demande : pourquoi vous pouvez affirmer de telles choses sur les francophones du Québec? »

 

Professeur 4 résume ainsi la situation : « De mon point de vue, c’est du mépris, mais du leur, c’est une position de supériorité morale. Ils sont persuadés d’être moralement plus vertueux que les Québécois francophones. Ils ont une leçon de tolérance à donner, mais cette tolérance et cette acceptation ne s’expriment jamais à l’égard des francophones », constate-t-il.

 

Professeur 5 raconte que même certains étudiants francophones sont allergiques à leur propre culture. « Ce n’est pas de la haine de soi, c’est de la négation de soi. Ils sont anglophones dans leur tête. Ils ne veulent pas appartenir à la mauvaise gang, celle des pauvres, incultes, unilingues, fermés sur eux-mêmes. »

 

Professeur 3 relève aussi que beaucoup d’étudiants – francophones, allophones et anglophones – ne comprennent absolument pas qu’il faille protéger le français au Québec. « Ils entretiennent l’idée que le français est une langue coloniale qui leur est imposée. Ils s’identifient aux Autochtones. Certains sont persuadés que les anglophones sont une minorité opprimée et que, du même coup, les allophones le sont aussi parce que le Québec leur impose le français. »
 

 

Les petites victoires et les grandes blessures

Les professeurs 1, 2, 3, 4, 5 nous ont tous dit aimer leur travail et leurs étudiants. Ils racontent des petites victoires. Un étudiant, une étudiante parmi la masse qui démontre un réel intérêt. Ils continuent pour eux. Ils voient leur enseignement comme un devoir de citoyen, de pédagogue, celui de créer des liens entre deux fameuses solitudes.

Mais en cette journée lumineuse, ce lien, ces ponts sont ébranlés. Devant les manifestants, Jean-Marc Beausoleil, qui enseigne depuis 15 ans au Cégep John Abbott, nous aborde. Il est insulté.

« À chaque fois qu’on essaie de promouvoir la langue française, le réflexe de la communauté anglo-québécoise, une communauté hyper privilégiée, est de nous traiter de racistes! » dit le professeur, ému. « Cette accusation-là est fausse. C’est une récupération honteuse de la lutte contre le racisme et ça me fait de la peine. Cela fait 15 ans que je me fends en quatre pour enseigner le français ici, et de voir ça, je trouve cela épouvantable. Mais ça fait 400 ans qu’ils veulent qu’on disparaisse, alors on est habitués, que voulez-vous… »

 
 

Émilie Dubreuil
Radio-Canada

 
 

*Merci cpeloquin_

 
 

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Nous aurions aimé pouvoir élaborer sur ce segment révélateur – Does the French language need to be protected in Canada? – CTV, The Social (August 16, 2021)
Le français, non merci (January 27, 2016)
“What are Anglophones in Québec really like ?” (December 6, 2015)



 

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Les relations ANGLO-FRANCO dans
le cinéma québécois :

Les Rose (2020) de FÉLIX ROSE (October 8, 2020)
Quebec My Country Mon Pays (2016) by JOHN WALKER (November 17, 2016)
Montréal New Wave (2016) de ÉRIK CIMON (February 26, 2016)
Between the Solitudes (1992) by ABBEY JACK NEIDIK (January 13, 2016)
La langue à terre (2013) de JEAN-PIERRE ROY & MICHEL BRETON (January 8, 2016)
Les États-Désunis du Canada (2012) de MICHEL BARBEAU, GUYLAINE MAROIST & ÉRIC RUEL (December 8, 2015)
Reaction: A Portrait of a Society in Crisis (1973) by ROBIN SPRY (May 1, 2015)
Le journal de madame Wollock (1979) de GILLES BLAIS (January 15, 2015)
Le sort de l’Amérique (1996) de JACQUES GODBOUT (January 16, 2015)
Speak White (1980) & Le temps des bouffons (1985) de PIERRE FALARDEAU et JULIEN POULIN (January 20, 2015)
Le mouton noir (1992) & Les héritiers du mouton noir (2003) de JACQUES GODBOUT
(January 22, 2015)
Le confort et l’indifférence (1981) de DENYS ARCAND (January 26, 2015)
Le chat dans le sac (1964) de GILLES GROULX (April 7, 2014, à la toute fin de l’entrevue)
Québec Soft (1985) de JACQUES GODBOUT (June 24, 2011)
Mon oncle Antoine (1971) de CLAUDE JUTRA (December 24, 2010)
Les événements d’octobre 1970 (1974) de ROBIN SPRY (October 6, 2010)

Le pape présente ses excuses aux Autochtones canadiens

 
 

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Elles avaient été tant espérées — et si souvent déclinées — que certains croyaient qu’elles ne viendraient jamais.

 

À l’issue d’une semaine riche en émotions au cours de laquelle des survivants des pensionnats pour Autochtones ont raconté au pape François leur douleur et leur déracinement, le souverain pontife a prononcé vendredi au Vatican les paroles tant attendues : « Je demande le pardon de Dieu et je veux vous dire de tout mon cœur : je suis vraiment désolé. »

 

Exprimant sa « honte » et son « indignation », le pape François a dit reconnaître la responsabilité de l’Église catholique « dans les abus et le manque de respect envers votre identité, votre culture et même vos valeurs spirituelles ».

 

Devant un parterre de quelque 200 délégués autochtones, le chef de l’Église catholique a sollicité la rédemption des Autochtones du Canada. « Je me joins à mes frères, les évêques canadiens, pour demander votre pardon », a déclaré solennellement le souverain pontife dans la Sala Clementina du Palais apostolique.

 

Des paroles qui ont été accueillies par les pleurs de plusieurs survivants. « Nous acceptons ces excuses comme un geste de bonne foi », a mentionné le chef Gerald Antoine, qui dirige la délégation de l’Assemblée des Premières Nations à Rome.

 

Celui-ci a dit espérer que le pape François réitérera ses excuses directement aux communautés autochtones lors de son voyage au Canada prévu dans les prochains mois. « En tant qu’anciens élèves de ces pensionnats, nous connaissons la destruction et les traumatismes qui ont été causés par cet effort coordonné pour commettre un génocide », a ajouté le chef Antoine.

 

La Commission de vérité et réconciliation a reconnu que le système des pensionnats s’inscrivait à l’intérieur d’une politique de « génocide culturel » des peuples autochtones qui visait à les « assimiler contre leur gré à la société canadienne ». Les pensionnats pour Autochtones ont existé au Canada du XVIIe siècle jusqu’en 1996, date à laquelle le dernier établissement, en Saskatchewan, a fermé ses portes.

 

Plus de 150 000 enfants autochtones ont été placés de force dans ces pensionnats, loin de leur famille et de leur communauté. Il leur était interdit de parler leur langue et de faire vivre leur culture. Plusieurs de ces enfants ont subi des sévices physiques et sexuels aux mains de membres du clergé.

 

 

Des excuses historiques, mais tardives

« Les excuses que l’on a reçues aujourd’hui sont historiques et […] nous ouvrent la porte pour continuer d’avancer dans notre chemin de guérison », a souligné Cassidy Caron, présidente du Ralliement national des Métis. Mais « beaucoup d’actions doivent encore être posées » pour concrétiser la réconciliation entre les peuples autochtones et l’Église catholique, a-t-elle ajouté.

 

Parmi celles-ci : l’accès aux archives des communautés religieuses qui administraient les pensionnats et le versement des sommes promises par l’Église catholique pour la guérison des communautés.

 

Natan Obed, président de l’Inuit Tapiriit Kanatami, n’a pas manqué de souligner que bien que les excuses du pape soient sincères et emplies d’empathie, celles-ci ont été prononcées « tardivement ». Dès 2015, la Commission de vérité et réconciliation recommandait que le Vatican reconnaisse officiellement sa responsabilité pour les torts causés aux Autochtones.

 

« Ce sont des excuses qui assurément vont faire surgir des émotions et des perceptions différentes chez les survivants des pensionnats et les survivants intergénérationnels », a déclaré le chef inuit.

 

Pour Emma Anderson, professeure à l’Université d’Ottawa spécialisée dans la relation entre les Autochtones et l’Église catholique, cette lenteur est probablement attribuable aux évêques canadiens. « Il y a eu un changement dans la position des évêques canadiens après la découverte des tombes anonymes à Kamloops [en mai dernier], note-t-elle. Mais même après cette découverte, ça leur a pris des mois pour vraiment comprendre que c’était un événement extrêmement choquant pour les Autochtones et pour tous les Canadiens. »

 

En septembre, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a présenté ses excuses officielles aux peuples autochtones pour « la souffrance vécue dans les pensionnats », puis a invité le pape François à venir au Canada. « Ça leur a pris [aux autorités religieuses] beaucoup de temps pour se rendre compte qu’ils devaient poser des actions », relève Emma Anderson.

 
 

« Une vraie communication »

« Ce temps [depuis 2015], il me semble qu’il n’a pas été perdu », a rétorqué Mgr Raymond Poisson, président de la CECC, qui se trouvait au Vatican vendredi.

 

Il avance que ces années ont permis aux représentants autochtones et à ceux de l’Église catholique de mieux se connaître et d’apprendre à travailler ensemble. « Ce que nous avons vécu ce matin comme message avec le Saint-Père [les excuses] a d’autant plus de valeur qu’il a été fait à partir d’expériences racontées par des survivants, des aînés et des jeunes qui sont venus le visiter », a-t-il poursuivi.

 

Des délégués métis et inuits avaient rencontré le pape lundi, puis des délégués des Premières Nations leur avaient emboîté le pas jeudi.

 

« Il semble y avoir eu une vraie communication entre la délégation autochtone et le pape, a expliqué Emma Anderson. Ils se sont sentis écoutés et compris, ce qui a donné lieu à des excuses émotives et sans retenue. »

 

Dans une déclaration écrite, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a souligné que les communautés autochtones attendaient ces excuses « depuis des décennies » et qu’il s’agissait d’« un pas en avant dans la reconnaissance de la vérité ». « L’histoire du Canada sera à jamais entachée par la tragique réalité du système des pensionnats », a-t-il ajouté.

 

 

Magdaline Boutros
Le Devoir

 
 

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Excuses officielles des évêques canadiens auprès des peuples autochtones (September 25, 2021)
More churches burn down on Canada indigenous land (June 26, 2021)
Jusqu’à 751 tombes découvertes sur le site d’un ancien pensionnat autochtone de Saskatchewan (June 25, 2021)
Ancien pensionnat autochtone : Les restes de 215 enfants retrouvés en Colombie-Britannique
(May 28, 2021)

New Zealand’s Catholic church admits 14% of clergy have been accused of abuse since 1950

Figures represent first time abuse allegations against the church in New Zealand have been collated in one place.

 

New Zealand’s Catholic church has admitted that 14% of its diocesan clergy have been accused of abusing children and adults since 1950.

 

The church released the figures at the request of the royal commission on abuse in care, set up in 2018 by prime minister Jacinda Ardern, who said the country needed to confront “a dark chapter” in its history, and later expanded it to include churches and other faith-based institutions.

 

An interim report by the commission in December found up to a quarter of a million children, young people and vulnerable adults were physically and sexually abused in New Zealand’s faith-based and state care institutions from the 1960s to early 2000s.

 

Te Rōpū Tautoko, the group that coordinates church engagement with the royal commission, sought and examined records from the country’s six Catholic dioceses and from 43 Catholic religious congregations (also known as religious institutes, orders or associations). The research included records of 428 Catholic parishes, 370 Catholic schools and 67 other care institutions.

 

The allegations of abuse captured physical, sexual, and emotional or psychological abuse, and neglect. A failure to act on reports and facilitating abuse were also included.

 

The extent of the allegations of abuse in the church in Aotearoa New Zealand had not been collated before now, said Catherine Fyfe, the chair of Te Rōpū Tautoko.

 

“The Information Gathering Project was a major exercise involving dozens of people over two years, including searching paper files dating back 70 years in hundreds of places.”

 

The findings found that since 1950, 1,350 children and 164 adults reported suffering abuse, with the age of a further 167 not established by the research. Of the 1,680, almost half (835) were reports alleging sexual harm against a child and 80% of all reports were related to children. Of the total, 687 relate to educational facilities, 425 to residential care, 228 to parishes and 122 to other locations, and the rest were at unidentified locations.

 

Allegations were made against: 14% of Catholic diocesan clergy, who worked for a bishop and not a congregation, 8% of male congregational members (brothers or priests) and 3% of female congregation members (sisters or nuns). Most of the abuse reported happened in the 1960s and 1970s, with 75% occurring before 1990.

 

Te Rōpū Tautoko said that the records will not represent all abuse that has happened in the care of the Catholic church, as the research covers only recorded reports alleging abuse.

 

The Survivors Network of those Abused by Priests (Snap) said the actual scale of abuse was likely to be much higher based on the information it has from its members – “as high as twelvefold, given data indicating about only one in 12 have reported [abuse] in regions across New Zealand”.

 

“The church has simply released what information it has recorded and this should not be seen as a comprehensive listing of all abuse that has occurred. The actual scale of sexual abuse is very difficult to measure.”

 

Snap said while the church acknowledges that harm was done, there has been no substantial change in the church’s own internal training methods and culture. “In the handling of abuse complaints, its investigative processes are based on the balance of probabilities and are not complainant centered.”

 

The statistics were “horrifying” and something the church was “deeply ashamed of”, said Cardinal John Dew, the president of the NZ Catholic Bishops Conference.

 

“I am grateful that so much work has been done in researching the details and making them public.

 

“As we continue to respond to the royal commission into abuse and we build a safer church for everyone, I firmly hope that facts like these will help us to face the sad reality. The church will learn from this and affirm its commitment to the work of safeguarding.”

 
 

Eva Corlett
The Guardian

 
 

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bishop-accountability.org : Documenting the Abuse Crisis in the Roman Catholic Church

 

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À partir de quand peut-on dire que ça (les actions commises par l’Église Catholique) – telle organisation, qui s’est comportée de telle façon, qui a fait tant de victimes … À partir de quand dit-on que c’est une organisation criminelle?

– Alain Crevier à l’émission de radio Midi Info de Radio-Canada, édition du 20 décembre 2018 (12 h 21 Des prêtres accusés d’actes pédophiles dans l’Illinois : Le regard d’Alain Crevier)

 

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  1. A ‘moral failing’: Report finds child sexual abuse prevalent in institutions across major UK religions
    (September 3, 2021)
  2. Abus sexuels dans l’Église catholique: le gouvernement a-t-il une responsabilité? (July 8, 2021)
  3. L’Église catholique de Pologne reconnaît avoir abusé de 368 enfants entre 2018 et 2020 (June 28, 2021)
  4. Le Vatican inscrit explicitement la pédocriminalité dans le droit de l’Église (June 1, 2021)
  5. Recours contre le diocèse de Trois-Rivières initié par Dominic Maurais: «Je porte en moi cette blessure»
    (March 26, 2021)
  6. Pédocriminalité en France : 10 000 victimes possibles de l’Église depuis 1950 (March 2, 2021)
  7. Abus sexuels du prêtre Brian Boucher : Un rapport accablant pour l’Église montréalaise (November 25, 2020)
  8. Suburban NY diocese files for bankruptcy amid abuse lawsuits (October 1, 2020)
  9. Multiplication des poursuites contre les communautés religieuses (August 22, 2020)
  10. ProPublica Releases a List of 6,754 Priests Accused of Sexual Abuse (January 28, 2020)
  11. Le pape François lève le secret pontifical sur les agressions sexuelles (December 17, 2019)
  12. 100s of Accused Priests Living Under Radar With No Oversight (October 4, 2019)
  13. Abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise : le pape blâme “Satan” et déçoit les victimes (February 24, 2019)
  14. Pope defrocks ex-cardinal Theodore McCarrick over abuse claims (February 16, 2019)
  15. Pope Acknowledges Nuns Were Sexually Abused by Priests and Bishops (February 5, 2019)
  16. More than 500 priests accused of sexual abuse not yet publicly identified by Catholic Church, Illinois attorney general finds (December 20, 2018)
  17. Prendre la mesure du scandale des prêtres pédophiles au Québec (October 10, 2018)
  18. Abus: le pape exprime sa «honte», Dublin lui demande d’agir (August 25, 2018)
  19. Pennsylvanie: 300 prêtres accusés de pédophilie, plus de 1000 victimes (August 14, 2018)
  20. Cardinal Theodore McCarrick Resigns Amid Sexual Abuse Scandal (July 28, 2018)
  21. Les 34 évêques chiliens offrent leur démission après un scandale de pédophilie (May 18, 2018)
  22. Le cardinal australien Pell sera jugé pour agressions sexuelles (May 1, 2018)
  23. Pope revives lapsed sex abuse commission amid skepticism (February 17, 2018)
  24. Le pape exprime sa “honte” pour des cas de pédophilie dans le clergé chilien (January 16, 2018)
  25. Vatican police ‘break up gay orgy at home of secretary of one of Pope Francis’s key advisers’
    (July 5, 2017)
  26. Pédophilie dans l’Eglise : le poids du silence (2017) présenté par ELISE LUCET (May 18, 2017)
  27. One in 14 Catholic priests accused of abuse in Australia (February 6, 2017)
  28. Des prêtres de Montréal se verront interdire d’être seuls avec des enfants (June 23, 2016)
  29. Le pape crée une instance pour juger les évêques couvrant des abus sexuels (June 10, 2015)
  30. Les propos du pape sur la pédophilie ont des échos jusqu’au Québec (July 15, 2014)
  31. Des victimes de prêtres veulent Mgr Ouellet comme pape (March 11, 2013)
  32. Pornographie juvénile : un prêtre de Sorel-Tracy accusé (March 8, 2013)
  33. Congrégations générales – Les problèmes de l’Église sur la table (March 7, 2013)
  34. Agressions sexuelles: un deuxième frère de Sainte-Croix sera arrêté (December 29, 2012)
  35. Symposium sur la pédophilie – Le pape appelle au «renouveau de l’Église» (February 15, 2012)
  36. Pornographie juvénile – Sitôt condamné, l’ex-évêque Lahey est libéré (January 5, 2012)
  37. Église néerlandaise: des «dizaines de milliers» de mineurs abusés sexuellement (December 16, 2011)
  38. Pédophilie – L’Église veut éduquer son clergé par Internet (June 28, 2011)
  39. Former Catholic bishop Raymond Lahey pleads guilty to child pornography charges (May 4, 2011)
  40. Pédophilie – Le Vatican va envoyer une «circulaire» aux évêques (November 20, 2010)
  41. Undercover Reporter Films Priests At Gay Clubs (July 26, 2010)
  42. Le Vatican durcit les règles contre la pédophilie (July 15, 2010)
  43. Top Catholic Priest Accused of Sexually Abusing His Own Sons (June 25, 2010)
  44. Pope addresses priest abuse scandal (June 11, 2010)
  45. Vatican Sex Abuse Prosecutor: Guilty Priests Are Going To Hell (June 4, 2010)
  46. Priest Accused Of Abusing Boy, Turning Home Into ‘Erotic Dungeon’ Surrenders To Police
    (May 26, 2010)
  47. Le Vatican publiera un guide contre la pédophilie (April 9, 2010)
  48. Agressions sexuelles par des membres du clergé – Les victimes exigent la démission de Mgr Ouellet
    (February 17, 2010)

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La névrose chrétienne (1976) par le Docteur PIERRE SOLIGNAC (May 25, 2012)

Deux concerts dans des églises annulés à Nantes et Paris, sous la pression de catholiques intégristes

 

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Un petit groupe de radicaux a bloqué l’entrée de l’église nantaise Notre-Dame-de-Bon-Port où devait se tenir mardi soir un concert de la musicienne suédoise ANNA VON HAUSSWOLFF, organisé par le Lieu unique.

 

Après Nantes, Paris. L’église Saint-Eustache a fait savoir, mercredi 8 décembre, qu’elle annulait la représentation de la musicienne suédoise ANNA VON HAUSSWOLFF prévue jeudi, à 19 heures. L’artiste devait se produire dans une église de Nantes, mardi 7 décembre au soir, mais un groupe de catholiques intégristes l’en a empêchée. Jugeant sa musique « sataniste », ces derniers se sont cadenassés dans l’église Notre-Dame-de-Bon-Port, bloquant ainsi l’accès aux spectateurs.

 

« Une poignée de radicaux intolérants provoque l’annulation d’un concert à N-D du Bon-Port programmé en accord avec l’évêché », a tweeté Bassem Asseh, premier adjoint à la mairie de Nantes.

 

« Rien n’autorisait l’expression d’une telle censure. Ce n’est pas notre conception d’un projet de société fondé sur le dialogue et l’ouverture culturelle », a-t-il ajouté. Le concert, prévu à 21 heures, affichait complet. Une vidéo diffusée par Ouest-France montre les opposants à la tenue du concert bloquer l’entrée de l’église et chanter en groupe « Sainte-Marie mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs ».

 

« Quelques intégristes ont donc réussi à empêcher un concert. (…) Cela nous renforce dans l’idée que face à l’obscurantisme, nous avons plus que jamais besoin de la lumière des arts et de la culture », a tweeté Aymeric Seassau, adjoint à la culture à la mairie de Nantes. « Une lamentable manifestation d’intolérance et d’atteinte à l’expression culturelle », a de son côté tweeté Olivier Château, adjoint au patrimoine.
 

« Elle s’est déjà produite dans une quarantaine d’églises »

ANNA VON HAUSSWOLFF est une chanteuse, pianiste, organiste et autrice-compositrice de post-métal et de rock expérimental. Dans l’une de ses chansons, Pills, elle évoque l’addiction à la drogue et dit métaphoriquement avoir « fait l’amour avec le diable ».

 

« Elle s’est déjà produite dans une quarantaine d’églises ou de cathédrales et il n’y a jamais eu de problème », a expliqué à Ouest-France Eli Commins, le directeur du Lieu unique, la scène nationale de Nantes, qui organisait ce concert hors les murs. « Il n’y a aucune inspiration religieuse, aucune violence ! Simplement, elle joue de l’orgue et les orgues se trouvent dans les églises. C’est une musique d’influence post-métal. Il n’y avait même pas de paroles dans la représentation prévue », a-t-il ajouté.

 
 

Le Monde avec AFP

Religious Trauma Syndrome: Former Christian explains how organized religion can lead to mental health problems

 

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At age sixteen I began what would be a four year struggle with bulimia. When the symptoms started, I turned in desperation to adults who knew more than I did about how to stop shameful behavior—my Bible study leader and a visiting youth minister. “If you ask anything in faith, believing,” they said. “It will be done.” I knew they were quoting the Word of God. We prayed together, and I went home confident that God had heard my prayers.

 

But my horrible compulsions didn’t go away. By the fall of my sophomore year in college, I was desperate and depressed enough that I made a suicide attempt. The problem wasn’t just the bulimia. I was convinced by then that I was a complete spiritual failure. My college counseling department had offered to get me real help (which they later did). But to my mind, at that point, such help couldn’t fix the core problem: I was a failure in the eyes of God. It would be years before I understood that my inability to heal bulimia through the mechanisms offered by biblical Christianity was not a function of my own spiritual deficiency but deficiencies in Evangelical religion itself.

 

Dr. Marlene Winell is a human development consultant in the San Francisco Area. She is also the daughter of Pentecostal missionaries. This combination has given her work an unusual focus. For the past twenty years she has counseled men and women in recovery from various forms of fundamentalist religion including the Assemblies of God denomination in which she was raised. Winell is the author of Leaving the Fold – A Guide for Former Fundamentalists and Others Leaving their Religion, written during her years of private practice in psychology. Over the years, Winell has provided assistance to clients whose religious experiences were even more damaging than mine. Some of them are people whose psychological symptoms weren’t just exacerbated by their religion, but actually caused by it.

 

Two years ago, Winell made waves by formally labeling what she calls “Religious Trauma Syndrome” (RTS) and beginning to write and speak on the subject for professional audiences. When the British Association of Behavioral and Cognitive Psychologists published a series of articles on the topic, members of a Christian counseling association protested what they called excessive attention to a “relatively niche topic.” One commenter said, “A religion, faith or book cannot be abuse but the people interpreting can make anything abusive.”

 

Is toxic religion simply misinterpretation? What is religious trauma? Why does Winell believe religious trauma merits its own diagnostic label? I asked her.

 

Let’s start this interview with the basics. What exactly is religious trauma syndrome?

 

Winell: Religious trauma syndrome (RTS) is a set of symptoms and characteristics that tend to go together and which are related to harmful experiences with religion. They are the result of two things: immersion in a controlling religion and the secondary impact of leaving a religious group. The RTS label provides a name and description that affected people often recognize immediately. Many other people are surprised by the idea of RTS, because in our culture it is generally assumed that religion is benign or good for you. Just like telling kids about Santa Claus and letting them work out their beliefs later, people see no harm in teaching religion to children.

 

But in reality, religious teachings and practices sometimes cause serious mental health damage. The public is somewhat familiar with sexual and physical abuse in a religious context. As Journalist Janet Heimlich has documented in, Breaking Their Will, Bible-based religious groups that emphasize patriarchal authority in family structure and use harsh parenting methods can be destructive.

 

But the problem isn’t just physical and sexual abuse. Emotional and mental treatment in authoritarian religious groups also can be damaging because of

1) toxic teachings like eternal damnation or original sin

2) religious practices or mindset, such as punishment, black and white thinking, or sexual guilt, and

3) neglect that prevents a person from having the information or opportunities to develop normally.

 

Can you give me an example of RTS from your consulting practice?

 

Winell: I can give you many. One of the symptom clusters is around fear and anxiety. People indoctrinated into fundamentalist Christianity as small children sometimes have memories of being terrified by images of hell and apocalypse before their brains could begin to make sense of such ideas. Some survivors, who I prefer to call “reclaimers,” have flashbacks, panic attacks, or nightmares in adulthood even when they intellectually no longer believe the theology. One client of mine, who during the day functioned well as a professional, struggled with intense fear many nights. She said,

 

I was afraid I was going to hell. I was afraid I was doing something really wrong. I was completely out of control. I sometimes would wake up in the night and start screaming, thrashing my arms, trying to rid myself of what I was feeling. I’d walk around the house trying to think and calm myself down, in the middle of the night, trying to do some self-talk, but I felt like it was just something that – the fear and anxiety was taking over my life.

Or consider this comment, which refers to a film used by Evangelicals to warn about the horrors of the “end times” for nonbelievers.

 

I was taken to see the film “A Thief In The Night”. WOW. I am in shock to learn that many other people suffered the same traumas I lived with because of this film. A few days or weeks after the film viewing, I came into the house and mom wasn’t there. I stood there screaming in terror. When I stopped screaming, I began making my plan: Who my Christian neighbors were, who’s house to break into to get money and food. I was 12 yrs old and was preparing for Armageddon alone.

In addition to anxiety, RTS can include depression, cognitive difficulties, and problems with social functioning. In fundamentalist Christianity, the individual is considered depraved and in need of salvation. A core message is “You are bad and wrong and deserve to die.” (The wages of sin is death.) This gets taught to millions of children through organizations like Child Evangelism Fellowship, and there is a group organized to oppose their incursion into public schools. I’ve had clients who remember being distraught when given a vivid bloody image of Jesus paying the ultimate price for their sins. Decades later they sit telling me that they can’t manage to find any self-worth.

 

After twenty-seven years of trying to live a perfect life, I failed. . . I was ashamed of myself all day long. My mind battling with itself with no relief. . . I always believed everything that I was taught but I thought that I was not approved by God. I thought that basically I, too, would die at Armageddon.
I’ve spent literally years injuring myself, cutting and burning my arms, taking overdoses and starving myself, to punish myself so that God doesn’t have to punish me. It’s taken me years to feel deserving of anything good.

Born-again Christianity and devout Catholicism tell people they are weak and dependent, calling on phrases like “lean not unto your own understanding” or “trust and obey.” People who internalize these messages can suffer from learned helplessness. I’ll give you an example from a client who had little decision-making ability after living his entire life devoted to following the “will of God.” The words here don’t convey the depth of his despair.

 

I have an awful time making decisions in general. Like I can’t, you know, wake up in the morning, “What am I going to do today? Like I don’t even know where to start. You know all the things I thought I might be doing are gone and I’m not sure I should even try to have a career; essentially I babysit my four-year-old all day.

Authoritarian religious groups are subcultures where conformity is required in order to belong. Thus if you dare to leave the religion, you risk losing your entire support system as well.

 

I lost all my friends. I lost my close ties to family. Now I’m losing my country. I’ve lost so much because of this malignant religion and I am angry and sad to my very core. . . I have tried hard to make new friends, but I have failed miserably. . . I am very lonely.

Leaving a religion, after total immersion, can cause a complete upheaval of a person’s construction of reality, including the self, other people, life, and the future. People unfamiliar with this situation, including therapists, have trouble appreciating the sheer terror it can create.

 

My form of religion was very strongly entrenched and anchored deeply in my heart. It is hard to describe how fully my religion informed, infused, and influenced my entire worldview. My first steps out of fundamentalism were profoundly frightening and I had frequent thoughts of suicide. Now I’m way past that but I still haven’t quite found « my place in the universe ».

Even for a person who was not so entrenched, leaving one’s religion can be a stressful and significant transition.

 

Many people seem to walk away from their religion easily, without really looking back. What is different about the clientele you work with?

 

Winell: Religious groups that are highly controlling, teach fear about the world, and keep members sheltered and ill-equipped to function in society are harder to leave easily. The difficulty seems to be greater if the person was born and raised in the religion rather than joining as an adult convert. This is because they have no frame of reference – no other “self” or way of “being in the world.” A common personality type is a person who is deeply emotional and thoughtful and who tends to throw themselves wholeheartedly into their endeavors. “True believers” who then lose their faith feel more anger and depression and grief than those who simply went to church on Sunday.

 

Aren’t these just people who would be depressed, anxious, or obsessive anyways?

 

Winell: Not at all. If my observation is correct, these are people who are intense and involved and caring. They hang on to the religion longer than those who simply “walk away” because they try to make it work even when they have doubts. Sometime this is out of fear, but often it is out of devotion. These are people for whom ethics, integrity and compassion matter a great deal. I find that when they get better and rebuild their lives, they are wonderfully creative and energetic about new things.

 

In your mind, how is RTS different from Post Traumatic Stress Disorder?

 

Winell: RTS is a specific set of symptoms and characteristics that are connected with harmful religious experience, not just any trauma. This is crucial to understanding the condition and any kind of self-help or treatment. (More details about this can be found on my Journey Free website and discussed in my talk at the Texas Freethought Convention.)

 

Another difference is the social context, which is extremely different from other traumas or forms of abuse. When someone is recovering from domestic abuse, for example, other people understand and support the need to leave and recover. They don’t question it as a matter of interpretation, and they don’t send the person back for more. But this is exactly what happens to many former believers who seek counseling. If a provider doesn’t understand the source of the symptoms, he or she may send a client for pastoral counseling, or to AA, or even to another church. One reclaimer expressed her frustration this way:

 

Include physically-abusive parents who quote “Spare the rod and spoil the child” as literally as you can imagine and you have one fucked-up soul: an unloved, rejected, traumatized toddler in the body of an adult. I’m simply a broken spirit in an empty shell. But wait…That’s not enough!? There’s also the expectation by everyone in society that we victims should celebrate this with our perpetrators every Christmas and Easter!!

Just like disorders such as autism or bulimia, giving RTS a real name has important advantages. People who are suffering find that having a label for their experience helps them feel less alone and guilty. Some have written to me to express their relief:

 

There’s actually a name for it! I was brainwashed from birth and wasted 25 years of my life serving Him! I’ve since been out of my religion for several years now, but I cannot shake the haunting fear of hell and feel absolutely doomed. I’m now socially inept, unemployable, and the only way I can have sex is to pay for it.

Labeling RTS encourages professionals to study it more carefully, develop treatments, and offer training. Hopefully, we can even work on prevention.

 

What do you see as the difference between religion that causes trauma and religion that doesn’t?

 

Winell: Religion causes trauma when it is highly controlling and prevents people from thinking for themselves and trusting their own feelings. Groups that demand obedience and conformity produce fear, not love and growth. With constant judgment of self and others, people become alienated from themselves, each other, and the world. Religion in its worst forms causes separation.

 

Conversely, groups that connect people and promote self-knowledge and personal growth can be said to be healthy. The book, Healthy Religion, describes these traits. Such groups put high value on respecting differences, and members feel empowered as individuals. They provide social support, a place for events and rites of passage, exchange of ideas, inspiration, opportunities for service, and connection to social causes. They encourage spiritual practices that promote health like meditation or principles for living like the golden rule. More and more, nontheists are asking how they can create similar spiritual communities without the supernaturalism. An atheist congregation in London launched this year and has received over 200 inquiries from people wanting to replicate their model.

 

Some people say that terms like “recovery from religion” and “religious trauma syndrome” are just atheist attempts to pathologize religious belief.

 

Winell: Mental health professionals have enough to do without going out looking for new pathology. I never set out looking for a “niche topic,” and certainly not religious trauma syndrome. I originally wrote a paper for a conference of the American Psychological Association and thought that would be the end of it. Since then, I have tried to move on to other things several times, but this work has simply grown.

 

In my opinion, we are simply, as a culture, becoming aware of religious trauma. More and more people are leaving religion, as seen by polls showing that the “religiously unaffiliated” have increased in the last five years from just over 15% to just under 20% of all U.S. adults. It’s no wonder the internet is exploding with websites for former believers from all religions, providing forums for people to support each other. The huge population of people “leaving the fold” includes a subset at risk for RTS, and more people are talking about it and seeking help. For example, there are thousands of former Mormons, and I was asked to speak about RTS at an Exmormon Foundation conference. I facilitate an international support group online called Release and Reclaim which has monthly conference calls. An organization called Recovery from Religion, helps people start self-help meet-up groups

 

Saying that someone is trying to pathologize authoritarian religion is like saying someone pathologized eating disorders by naming them. Before that, they were healthy? No, before that we weren’t noticing. People were suffering, thought they were alone, and blamed themselves. Professionals had no awareness or training. This is the situation of RTS today. Authoritarian religion is already pathological, and leaving a high-control group can be traumatic. People are already suffering. They need to be recognized and helped.




Valerie Tarico
AlterNet

 
 

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« L’éducation chrétienne traditionnelle favorise les troubles névrotiques et les maladies psychosomatiques qui en sont la conséquence »

 

La névrose chrétienne (1976) par le Docteur PIERRE SOLIGNAC (May 25, 2012)