L'Abbatiale de la
Liturgie Apocryphe

Montréal, p.Q.

 

***

 

PORT BLAIR – Le jeune Américain, mort sous les flèches de la tribu d’une île indienne interdite d’accès, souhaitait introduire le christianisme dans cette communauté coupée du monde moderne, selon ses derniers écrits révélés jeudi par des médias.

 

« Mon nom est John. Je vous aime et Jésus vous aime […] Voilà du poisson ! », a hurlé John Chau à deux autochtones armés, lors de sa première approche de l’île de North Sentinel, située dans la mer d’Andaman.

 

Le 16 novembre, ce ressortissant américain de 27 ans a péri en tentant d’entrer en contact avec le peuple de chasseurs-cueilleurs des Sentinelles, qui compterait 150 âmes. Ces derniers vivent en autarcie depuis des siècles sur la petite île, où l’État indien interdit quiconque de poser pied.

 

Ces dernières décennies, toutes les tentatives de contact du monde extérieur se sont heurtées à l’hostilité et à un rejet violent de la part de la communauté.

 

Le journal intime que la victime a tenu dans les jours et heures précédant sa mort brosse le portrait d’un voyageur qui se voyait comme un missionnaire chrétien dans cette dangereuse entreprise.

 

« Vous pensez peut-être que je suis fou de faire tout ça, mais je pense que ça vaut la peine d’apporter Jésus à ces gens », a écrit John Chau à sa famille, dans une ultime lettre rédigée le matin même de sa mort.

 

« Ce n’est pas en vain-les vies éternelles de cette tribu sont à portée de main et j’ai hâte de les voir adorer Dieu dans leur propre langage », dit-il en référence à des versets de l’Apocalypse (7, 9-10).

 

Peu après avoir écrit ces lignes, l’Américain a débarqué sur la plage de l’île. Il n’en est jamais revenu.

 

Les pêcheurs ancrés au large, qui l’avaient illégalement transporté jusqu’à North Sentinel, l’ont vu recevoir une volée de flèches, mais poursuivre sa marche. Les locaux ont ensuite passé une corde autour de son cou et traîné son corps.

 

Le journal de cet amateur de grand air et d’aventure, qui alimentait son compte Instagram d’images de ses périples dans la nature, révèle que ce projet était préparé de longue date et dans le secret, « au nom de Dieu ».

 

La veille de sa mort, il a approché à deux reprises les Sentinelles, selon le récit impossible à vérifier qu’il en fait.

 

La seconde, il parvient à donner à un Sentinelle, dont le visage est recouvert d’« une poudre jaunâtre », des cadeaux. Mais un enfant lui décoche une flèche qui se coince dans sa Bible. Il prend alors la fuite à la nage jusqu’au bateau de pêcheurs.

 

« JE NE VEUX PAS MOURIR ! », note-t-il en lettres capitales, visiblement sous le choc. « Je pourrais rentrer aux États-Unis, car rester ici semble signifier une mort certaine. »

 

« J’y retourne (sur l’île). Je vais prier pour que tout se passe bien », indiquent ses dernières lignes, datées de 6 h 20 du matin, le 16 novembre.

 

 

Casse-tête

 

En l’absence de preuves physiques de la mort de son fils, sa mère a déclaré au quotidien The Washington Post qu’elle le croyait toujours vivant. Son fondement ? « Mes prières. »

 

Cette affaire met les autorités indiennes face à un casse-tête unique : est-il possible de récupérer le corps sans provoquer un choc de civilisations ?

 

Si des étrangers se rendent sur l’île pour en exfiltrer la dépouille, ils rompraient en effet l’isolement volontaire des Sentinelles, avec toutes les conséquences anthropologiques et sanitaires qui pourraient s’ensuivre.

 

Vivant coupée du reste de l’humanité, cette peuplade n’aurait notamment pas un système immunitaire adapté aux agents infectieux apportés par des intrus.

 

Les responsables locaux ont dépêché un hélicoptère et un bateau pour essayer de déterminer de loin l’endroit où se trouve le cadavre de l’Américain.

 

« Nous avons maintenu une distance avec l’île et n’avons pas encore été en mesure de repérer le corps. Cela peut prendre plusieurs jours et missions de reconnaissance », a déclaré à l’AFP Dependra Pathak, le chef de la police régionale.

 

Les autorités ont fait appel à des anthropologues indiens et des spécialistes des tribus et de la forêt pour décider de la marche à suivre.

 

La police a ouvert une enquête pour meurtre et arrêté les pêcheurs ayant aidé l’Américain à se rendre sur North Sentinel. La loi indienne interdit de s’en approcher à moins de cinq kilomètres, et même de photographier ou filmer cette peuplade.

 

Selon l’ONG Survival International, les Sentinelles descendent des premières populations humaines à être parties d’Afrique et vivraient aux Andaman depuis 60 000 ans.

 

 

Agence France-Presse
La Presse

 

WAKEFIELD – A massive fire ripped through the First Baptist Church of Wakefield Tuesday night.

 

The church on Lafayette Street is a total loss. A witness says lightning struck the 180-foot steeple before it went up in flames.

 

“I saw the lightning strike the steeple, and we saw the smoke and it just went up in flames fast,” said Christian Bruno, who lives across the street.

 

The church caught fire around 7:00 p.m. Tuesday night. Witnesses say the flames spread fast and many watched as the top of the steeple fell.

 

“So I ran off my back deck and I could see the church was struck by lightning,” said Noreen Evangelista. “All of a sudden it was engulfed in flames and we watched it burn and burn and burn and we heard the shingles cracking and all of a sudden it just exploded out.”

 

The fire was so intense the heat could be felt even a few streets over.

 

Robert Jordan was worshiping at the church on Sunday. He rushed down when he heard about the fire. “Two days ago I just went to the service 10:15 on Sunday and I’m just shocked that this church is burned down,” Jordan said.

 

Dozens of people filled the streets of downtown Wakefield to watch as crews put out the flames at the 150-year-old church.

 

The Fire Chief says there was a class going on in the church at the time but everyone was able to get out safely. No injuries have been reported.

 

The lightning strike occurred during an intense period of violent weather. A tornado was confirmed in Lincoln, Rhode Island earlier in the day.

 

(…)

 

CBS Boston

 

***

 

 

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Bless.

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Le diocèse de Montréal accepterait de collaborer avec les autorités si une enquête était lancée sur le scandale des prêtres pédophiles — en donnant notamment accès aux dossiers des prêtres —, mais il ne souhaite pas pour autant aller au-devant d’un tel exercice.

 

« Si le processus judiciaire juge que c’est ce qu’il faut faire, on va collaborer avec le processus judiciaire. Mais on ne veut pas le devancer », soutient Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal.

 

À l’occasion d’une rencontre avec Le Devoir organisée vendredi au diocèse de Montréal, Mgr Lépine a déclaré être favorable à un exercice plus circonscrit de statistiques, « validé de façon externe », qui permettrait de mieux saisir l’étendue du scandale au Québec. L’Église ne serait toutefois pas encore prête à se lancer dans cette voie, puisqu’il y a « encore du travail à faire pour protéger la confidentialité », fait valoir Mgr Lépine.

 
 

Comme en Irlande ?

 

C’est en 1989 que le scandale des prêtres pédophiles a éclaté au grand jour au Canada, lorsque le public a pris connaissance des sévices sexuels subis par des pensionnaires de l’orphelinat Mount Cashel à Terre-Neuve. Trente ans plus tard, on ne sait toujours pas à quel point le phénomène était répandu au Canada comme au Québec. Aucune enquête n’a été menée pour déterminer le nombre total de victimes de prêtres pédophiles ainsi que le nombre d’abuseurs.

 

« Ça pourrait être astronomique », lance Thomas Doyle en parlant du nombre potentiel de victimes québécoises. Cet ancien prêtre dominicain est l’un des premiers lanceurs d’alerte de l’Église catholique. En 1985, il avisait les plus hautes instances du Vatican de l’ampleur du phénomène des agressions sexuelles commises par le clergé aux États-Unis et de l’entreprise de camouflage qui s’en est suivie. Depuis, il a été témoin expert ou consultant aux enquêtes publiques déployées entre autres en Irlande, en Australie et aux États-Unis, en plus d’avoir été appelé à la barre de nombreux procès intentés contre des congrégations religieuses.

 

Thomas Doyle, qui a grandi dans l’ouest de Montréal, croit que « des milliers de victimes ne sont toujours pas sorties de l’ombre au Québec ».

 

En entrevue au Devoir depuis la Virginie, l’homme de 74 ans dresse un parallèle entre ce que l’on pourrait découvrir au Québec et ce qui a été mis au jour en Irlande, où quelque 15 000 personnes ont révélé avoir été victimes d’abus sexuels perpétrés par des membres du clergé alors qu’elles étaient enfants. Ici comme là-bas, l’Église catholique a régné en maître pendant des décennies et contrôlait nombre d’orphelinats et d’écoles où résidaient des pensionnaires. Et ici comme là-bas, bien des gens savaient, mais tout le monde acceptait. Jean-Guy Nadeau, aujourd’hui professeur à la retraite de l’Institut d’études religieuses de l’Université de Montréal, se souvient qu’à son entrée dans un collège dirigé par une communauté religieuse, en 1961, ses oncles le taquinaient ouvertement. « Ils disaient que j’allais me faire taponner par des pères, se rappelle-t-il. Ce n’était pas la fin du monde dans le temps. On était dans une autre culture. »

 
 

Du langage codé

 

Serait-ce donc possible qu’il y ait plus de 10 000 victimes au Québec ? « Quand on généralise, on exprime une blessure, on est en état de choc parce qu’il y a eu des abus. Mais généraliser n’amène pas plus de justice », répond Mgr Lépine, qui se dit sceptique sur la possibilité d’une telle envergure. « Le point de départ, c’est lorsqu’il y a une allégation », affirme-t-il. Aux yeux de Thomas Doyle, c’est justement là que réside une partie du problème. « L’Église réagit seulement lorsqu’elle est confrontée et qu’elle n’a plus le choix », dit-il.

 

Selon plusieurs experts interrogés, les dossiers que l’Église conserve sur ses prêtres permettraient de révéler d’autres cas d’abus. Thomas Doyle explique que du langage codé était utilisé pour y désigner les prêtres abuseurs. Les termes « actions inappropriées », « affection déplacée », « faiblesse morale » ou « de sexto », qui fait référence au 6e commandement traitant de l’adultère, ont ainsi été consignés par écrit dans certains cas.

 

Pendant que ces dossiers dorment dans les diocèses, le temps joue contre nombre de victimes qui souhaitent obtenir compensation. Plusieurs d’entre elles ne peuvent intenter de poursuite en raison du délai de prescription. Thomas Doyle y voit une « hypocrisie » de l’Église catholique. « D’un côté, ils disent qu’ils veulent tout faire pour aider les victimes, mais de l’autre, ils invoquent la prescription. » De son côté, Mgr Lépine fait valoir que « si le délai de prescription existe, c’est qu’il est vu comme un chemin de justice ». L’Église catholique aux États-Unis a dépensé des millions de dollars en frais de lobbying pour maintenir les délais de prescription en place. Rien ne prouve que de telles activités ont été menées de ce côté-ci de la frontière. Mais une chose est certaine, l’arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec pourrait sonner le glas de cette limite imposée aux victimes, puisque le parti a promis d’abolir la prescription.

 

La Conférence des évêques catholiques du Canada a rendu public la semaine dernière un nouveau document qui se veut un guide pour protéger les enfants contre les abus. Intitulé Protection des personnes mineures contre les abus sexuels. Appel aux fidèles catholiques du Canada pour la guérison, la réconciliation et la transformation, le document met l’accent sur l’accueil des victimes. Y sont recensées les principales leçons tirées des scandales des dernières années. Il s’agit notamment du « besoin d’une rencontre pastorale avec les victimes d’abus sexuels commis par le clergé », du « besoin de mieux connaître les abus sexuels » et du « besoin de répondre plus efficacement aux allégations ».

 
 

Magdaline Boutros
Le Devoir

 

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Le silence des Oblats

ANNE PANASUK, Enquête, 18 octobre 2018

 
 

La congrégation religieuse a protégé des prêtres pédophiles

 

Ils régnaient en roi et maître chez les Innus et les Atikamekws. Certains des missionnaires catholiques ont profité de leur pouvoir pour agresser des enfants. Des crimes qui ont été camouflés par la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée.

 

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Abus sexuels: une deuxième action collective sera autorisée contre les Clercs de Saint-Viateur

MAGDALINE BOUTROS, Le Devoir, 18 octobre 2018

 
 

Une deuxième action collective sera intentée contre les Clercs de Saint-Viateur.

 

Au palais de justice de Montréal, jeudi matin, Me François-David Paré, qui représente les Clercs de Saint-Viateur, a annoncé que la congrégation religieuse ne s’oppose plus au recours.

 

La juge Chantal Lamarche de la Cour supérieure a donc déclaré qu’elle autoriserait l’action collective. Son jugement écrit sera rendu dans les prochaines semaines.

 

Toute personne ayant subi une agression sexuelle aux mains d’un religieux ou d’un laïc qui travaillait pour la Congrégation des Clercs de Saint-Viateur, de 1950 à aujourd’hui, peut participer à l’action collective.

 

Quelque 80 victimes se sont déjà manifestées. Une vingtaine d’agresseurs ont été identifiés jusqu’à maintenant.

 

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bishop-accountability.org : Documenting the Abuse Crisis in the Roman Catholic Church

 

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Abus: le pape exprime sa «honte», Dublin lui demande d’agir (August 25, 2018)
Pennsylvanie: 300 prêtres accusés de pédophilie, plus de 1000 victimes (August 14, 2018)
Cardinal Theodore McCarrick Resigns Amid Sexual Abuse Scandal (July 28, 2018)
Les 34 évêques chiliens offrent leur démission après un scandale de pédophilie (May 18, 2018)
Le cardinal australien Pell sera jugé pour agressions sexuelles (May 1, 2018)
Pope revives lapsed sex abuse commission amid skepticism (February 17, 2018)
Le pape exprime sa “honte” pour des cas de pédophilie dans le clergé chilien (January 16, 2018)
Vatican police ‘break up gay orgy at home of secretary of one of Pope Francis’s key advisers’
(July 5, 2017)
Pédophilie dans l’Eglise : le poids du silence (2017) présenté par ELISE LUCET (May 18, 2017)
One in 14 Catholic priests accused of abuse in Australia (February 6, 2017)
Des prêtres de Montréal se verront interdire d’être seuls avec des enfants (June 23, 2016)
Le pape crée une instance pour juger les évêques couvrant des abus sexuels (June 10, 2015)
Les propos du pape sur la pédophilie ont des échos jusqu’au Québec (July 15, 2014)
Des victimes de prêtres veulent Mgr Ouellet comme pape (March 11, 2013)
Pornographie juvénile : un prêtre de Sorel-Tracy accusé (March 8, 2013)
Congrégations générales – Les problèmes de l’Église sur la table (March 7, 2013)
Agressions sexuelles: un deuxième frère de Sainte-Croix sera arrêté (December 29, 2012)
Symposium sur la pédophilie – Le pape appelle au «renouveau de l’Église» (February 15, 2012)
Pornographie juvénile – Sitôt condamné, l’ex-évêque Lahey est libéré (January 5, 2012)
Église néerlandaise: des «dizaines de milliers» de mineurs abusés sexuellement (December 16, 2011)
Pédophilie – L’Église veut éduquer son clergé par Internet (June 28, 2011)
Former Catholic bishop Raymond Lahey pleads guilty to child pornography charges (May 4, 2011)
Pédophilie – Le Vatican va envoyer une «circulaire» aux évêques (November 20, 2010)
Undercover Reporter Films Priests At Gay Clubs (July 26, 2010)
Le Vatican durcit les règles contre la pédophilie (July 15, 2010)
Top Catholic Priest Accused of Sexually Abusing His Own Sons (June 25, 2010)
Pope addresses priest abuse scandal (June 11, 2010)
Vatican Sex Abuse Prosecutor: Guilty Priests Are Going To Hell (June 4, 2010)
Priest Accused Of Abusing Boy, Turning Home Into ‘Erotic Dungeon’ Surrenders To Police
(May 26, 2010)
Le Vatican publiera un guide contre la pédophilie (April 9, 2010)
Agressions sexuelles par des membres du clergé – Les victimes exigent la démission de Mgr Ouellet (February 17, 2010)

 

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La névrose chrétienne (1976) par le Docteur PIERRE SOLIGNAC (May 25, 2012)

 

DUBLIN – Le pape François a entamé samedi une visite chargée en Irlande en priant pour les victimes d’abus sexuels du clergé irlandais et en reconnaissant « l’échec » passé de la hiérarchie pour affronter des « crimes ignobles ».

 

Mais en l’accueillant sans langue de bois dans son pays, le premier ministre irlandais Leo Varadkar lui a demandé d’utiliser sa « position » et son « influence » pour rendre « justice » aux victimes d’abus commis par le clergé en Irlande et dans le monde entier.à

 

« Nous devons à présent veiller à ce que les paroles soient suivies par des actes », a-t-il insisté, ajoutant sa voix à celles de plus en plus nombreuses de personnalités de l’Église et de victimes d’abus.

 

« Je vous demande d’écouter les victimes », a ajouté le premier ministre, alors que le pape a promis de rencontrer des victimes irlandaises durant son court voyage de 36 heures.

 

 

Prière pour les victimes

 

Le 24e voyage à l’étranger du pape intervient à un moment particulièrement périlleux pour l’Église catholique, notamment ébranlée la semaine dernière par de sordides révélations en Pennsylvanie sur plus de 300 « prêtres prédateurs » ayant commis des abus sur mille enfants.

 

Après avoir écouté gravement M. Varadkar, le pape François a exprimé samedi sa « honte » et sa « souffrance » face à « l’échec des autorités ecclésiastiques – évêques, supérieurs religieux, prêtres et autres – pour affronter de manière adéquate ces crimes ignobles » dans le passé.

 

« Je ne peux que reconnaître le grave scandale causé en Irlande par les abus sur les mineurs de la part des membres de l’Église chargés de les protéger et de les éduquer », a commenté le pape, dans un discours un peu en retrait par rapport à d’autres prises de paroles sur le sujet.

 

Il n’a pas convaincu son ancienne conseillère sur les abus pédophiles du clergé, la victime irlandaise Marie Collins. « Décevant, rien de nouveau », a assené aux journalistes cette septuagénaire porte-voix des « survivants », elle-même victime à 13 ans d’abus sexuels d’un prêtre.

 

Dans l’après-midi, le pape a prié en silence avec l’archevêque de Dublin Diarmuid Martin devant un cierge dédié depuis 2011 aux victimes irlandaises d’abus sexuels, dans la plus grande cathédrale de la ville, St Mary’s.

 

Depuis 2002, plus de 14 500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande. La hiérarchie de l’Église irlandaise est accusée d’avoir couvert des centaines de prêtres.

 

Le pape a aussi fait samedi une halte improvisée dans un quartier défavorisé de Dublin, où se trouve une église avec les reliques du vénérable Matt Talbot, un ancien ouvrier alcoolique qui devint un populaire bienfaiteur des nécessiteux.

 

Trente-neuf ans après la dernière visite d’un souverain pontife, le pape François est arrivé samedi en Irlande afin de clôturer la Rencontre mondiale des familles.

 

Il souhaite profiter de sa visite pour encourager ce pays encore très catholique, mais de plus en plus sécularisé, à garder la foi même s’il « écoute la polyphonie du débat politico-social contemporain ».

 

Signe que l’influence de l’Église recule spectaculairement en Irlande, le pays a légalisé en 2015 le mariage homosexuel, choisi un premier ministre gai, M. Varadkar, en 2017, et libéralisé, en mai, l’avortement.

 

M. Varadkar n’a d’ailleurs pas ménagé samedi le pape argentin en lui indiquant que « les femmes doivent prendre leurs propres décisions » et que « les familles se présentent sous de nombreuses formes », y compris avec « des parents de même sexe ou des parents divorcés ».

 

Le pape François, parfois dépeint comme un révolutionnaire en raison de son langage direct, défend l’idéal catholique de la famille traditionnelle et se dit horrifié par l’avortement.

 

Face à des couples dans la cathédrale St Mary’s de Dublin, il a rendu hommage au sacrement du mariage, une union entre « un homme et une femme », « un papa et une maman » élevant ses enfants.

 

Il présidera samedi soir le Festival des familles, au stade Croke Park de Dublin, où sont attendues plus de 80 000 personnes, et célébrera dimanche la messe de clôture de l’événement au parc Phoenix de Dublin. Un demi-million de fidèles devraient y participer.

 

L’énorme scandale de pédophilie dans l’État américain de Pennsylvanie a incité lundi le pape à diffuser une lettre sans précédent aux 1,3 milliard de catholiques de la planète. Il y reconnaît que l’Église n’a pas été à la hauteur et qu’elle a « négligé et abandonné les petits ».

 

« La lettre du pape mentionne pour la première fois l’abus sexuel comme un crime », a salué auprès de l’AFP Marie Collins. « Mais elle ne donne aucune indication concrète sur ce que le pape souhaite réellement faire », ajoute-t-elle.

 

 

« Non au pape »

 

En marge de la visite du souverain pontife, plusieurs contre-manifestations sont planifiées. Des milliers d’internautes irlandais ont appelé sur Facebook à « dire non au pape » en boycottant la messe de Phoenix Park.

 

En parallèle, une marche se déroulera dans les rues de Dublin, jusqu’au « Jardin du souvenir ». À Thuam, dans l’ouest du pays, une veillée aura lieu en mémoire des 796 bébés décédés, entre 1925 et 1961, dans l’ancien foyer catholique des soeurs du Bon Secours et qui avaient été enterrés dans une fosse commune.

 
 

Agence France-Presse
La Presse
 

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bishop-accountability.org : Documenting the Abuse Crisis in the Roman Catholic Church

 

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Pennsylvanie: 300 prêtres accusés de pédophilie, plus de 1000 victimes (August 14, 2018)
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(July 5, 2017)
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(May 26, 2010)
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La névrose chrétienne (1976) par le Docteur PIERRE SOLIGNAC (May 25, 2012)

Sainte Vierge (Blessed Virgin) : le prochain film de Verhoeven

Le British Board of Film Classification (BBFC) a interdit aux spectateurs de 18 ans, on s’en souvient, le très beau Elle (2016, Paul Verhoeven) pour sa « violence à caractère sexuel » alors que, dans le même temps, la France reste le seul pays au monde a l’avoir interdit aux moins de 12 ans malgré « des scènes de violence sexuelle entre les deux protagonistes et le climat général du film ». Qu’en sera-t-il de son long métrage suivant ?

 

Après le succès inattendu de Elle, le producteur Saïd Ben Saïd vient d’annoncer le tournage du prochain Verhoeven intitulé Sainte Vierge, ou Blessed Virgin à l’international, dont le premier rôle sera tenu par Virginie Efira. Une adaptation cinématographique signée Gerard Soeteman – le scénariste de La Chair et le sang, de Turkish Delight et Black Book – du roman Sœur Benedetta, entre sainte et lesbienne (Immodest Acts), de Judith C. Brown, qui raconte l’histoire vraie de Sœur Benedetta, nonne au destin assez exceptionnel qui osa évoquer des sujets tabous en plein XVIIe siècle. Un film susceptible de positionner l’association Promouvoir en embuscade, non plus sur le terrain de la violence ou la pornographie (quoique) mais sur celui de la religion, ce qui serait une première et ce, d’autant plus que l’affiche révélée cette semaine annonce clairement la couleur avec un visuel typographique en forme de Croix, et une religieuse laissant poindre son sein…

 

Ce n’est pas la première fois qu’une affiche s’attaque à la religion, alors que dit la jurisprudence ? Réponse tirée du livre Le contrôle cinématographique en France publié en 2015 chez L’Harmattan :

 

« Le principe, consacré par le juge judiciaire, gardien des libertés publiques, a été énoncé en 1984 à l’occasion de l’affaire de l’affiche du film Ave Maria, le président du tribunal de grande instance (TGI) de Paris expliquant que l’affiche décrivant une jeune femme crucifiée à la manière du Christ, la poitrine dénudée, « constitue un acte d’intrusion agressive et gratuite dans le tréfonds intime des croyances de ceux qui, circulant librement sur la voie publique, […] se voient, hors de toute manifestation de volonté de leur part, nécessairement et brutalement confrontés à une manifestation publicitaire […] constitutive […] d’un trouble manifestement illicite ». Ainsi, dès lors qu’une affiche s’impose à la vue de tous, tant aux spectateurs qu’aux simples passants parfois mineurs, le trouble qu’elle est susceptible de provoquer peut justifier son interdiction d’affichage sur la voie publique. Jurisprudence constante confirmée en de nombreuses occasions. […]

En février 2002, Monseigneur Ricard, président de la conférence des évêques de France, et de nombreuses associations religieuses demandent au même tribunal l’interdiction de l’affiche du film Amen de Costa-Gavras, représentant une croix chrétienne prolongée sur trois branches par celles d’une croix nazie. Examinant la requête, le juge des référés déboute les demandeurs au motif qu’une « lecture ouverte de l’affiche permet d’y découvrir une volonté de briser la croix nazie, symbole du totalitarisme, et de replanter en terre, comme pour la réhumaniser, la Croix que continue à porter toute une communauté ».

 

Déjà en 1997, l’AGRIF et diverses associations familiales avaient demandé que la société Columbia retire l’affiche du film Larry Flynt de Milos Forman, représentant le magna du porno crucifié sur un pubis voilé par un bikini. A l’époque, leur avocat se lance dans une quête de lettres et de pétitions auprès des évêques catholiques et orthodoxes, des pasteurs et le recteur de la Mosquée de Paris. En justice, le tribunal correctionnel de Paris rejette la demande d’interdiction de l’affiche, considérant qu’elle ne constitue pas « un outrage flagrant aux sentiments religieux des requérants ». Finalement, Milos Forman a remplacé l’affiche décriée par une autre (un gros plan du personnage principal, une bannière étoilée apposée sur la bouche en guise de bâillon) « compte tenu de l’incompréhension suscitée et de la récupération qui en a été faite par diverses associations politico-religieuses », demandant à Columbia Pictures, « dans un souci d’apaisement et pour faire échec à toute récupération, de procéder au retrait volontaire de cette affiche » pourtant supposée « refléter le traitement satirique des thèmes du film : patriotisme feint, piété hypocrite, nudité-marchandise ».

 

En avril 2014, craignant de rencontrer de graves déconvenues avec la communauté catholique, Amel Lacombe, le distributeur français du film belge Au Nom du Fils, qui raconte la vengeance de la mère d’un garçon de 14 ans qui se suicide après avoir été abusé sexuellement par un prêtre, décide de modifier l’affiche du film pour son exploitation en France : « Certains exploitants m’ont laissé entendre que le climat ”manif pour tous” n’était pas très propice à ce genre de films. […] Nous l’avons utilisée [l’affiche] en province avant que notre afficheur parisien ne souligne son caractère potentiellement blasphématoire. Nous en avons donc fait faire une troisième, plus sobre » afin de « de ne pas faire de provocation et de donner au film un maximum de visibilité ».

 

Sainte Vierge est peut-être un avant-goût du film que promet Paul Verhoeven depuis des années : l’adaptation à l’écran de son essai intitulé Jésus de Nazareth, publié Aux forges de Vulcain le 2 avril 2015, dans lequel il nie la filiation divine de Jésus : « N’étant pas croyant moi-même, j’ai essayé de démêler le vrai du faux entre les différents récits concernant Jésus. Toutes sortes de versions des faits sont disponibles dans les Écritures, qui n’ont pas toutes été écrites à la même époque et dont aucune n’émane de témoins directs. Les évangiles, par exemple, ont été écrits quarante ans après la mort du Christ », avait-il déclaré à Caroline Vié pour 20minutes.fr, et d’ajouter : « Jésus n’était pas un dieu, mais un guérisseur et un meneur d’hommes. » La couverture française du livre est sans équivoque, le Christ y étant représenté… en Che Guevara ! Le réalisateur hollandais de 76 ans s’explique : « Les deux avaient beaucoup de points communs. Ils voulaient le bien des autres et ont été trahis puis exécutés pour leurs idées. […] Pour moi, Jésus n’est pas une divinité mais un guérisseur à l’état d’esprit assez proche des résistants pendant la Seconde Guerre mondiale. Il avait un côté terroriste et c’est pour cela qu’il est mort. Il dérangeait les Romains dont il mettait l’hégémonie en péril. » Outre son interprétation très personnelle de la vie de Jésus, Paul Verhoeven va plus loin encore, en décrivant la première scène du livre qu’il souhaiterait adapter au cinéma : un gros plan sur les pieds d’un crucifié s’ouvrant progressivement sur une forêt de croix, avant que Marie soit brutalisée par un soldat, un viol qui expliquerait la conception de Jésus… Un scénario très contestable qui tient pourtant à cœur du cinéaste : « Je compte réaliser le film en Europe car aux États-Unis, je me ferais massacrer », plaisante-t-il.

 

Un projet de délocalisation du financement et du tournage (éventuels) qui n’est pas sans rappeler l’affaire de La Dernière tentation du Christ (1988), qui avait conduit Martin Scorsese à réaliser l’adaptation du roman de Níkos Kazantzákis (1955) en France. On se souvient aussi que sa sortie avait alors provoqué un vent de protestations et de violences dans le monde entier.

 

 

Darkness, censure et cinéma
26 Avril 2017

 
 

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'Notre combat contre le blasphèmes public'

 

(Merci Ralph)

L'Abbatiale de la
Liturgie Apocryphe

"The production of nervous force is directly connected with the diet of an individual, and its refining depends on the very purity of this diet, allied to appropriate breathing exercises.

The diet most calculated to act effectively on the nervous force is that which contains the least quantity of animal matter; therefore the Pythagorean diet, in this connection, is the most suitable.

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The main object was to avoid introducing into the organism what Descartes called 'animal spirits'. Thus, all animals that had to serve for the nourishment of the priests were slaughtered according to special rites, they were not murdered, as is the case nowadays".